
Trois semaines après les massacres d’El-Fasher, l’ONU alerte sur une « souffrance indescriptible » vécue par les civils déplacés, dont plus de la moitié sont des enfants. Selon l’OMS, le conflit déclenché en avril 2023 a déjà fait près de 40.000 morts et forcé 12 millions de personnes à l’exil.
Par Yakout Abina
Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, et coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, Tom Fletcher, a décrit comme “indescriptible” la détresse des civils déplacés dans l’État du Darfour-Nord, au Soudan. Soulignant que la tragédie affecte de manière disproportionnée les plus vulnérables.
Dans un message publié dimanche dernier sur les réseaux sociaux. Tom Fletcher, a dénoncé la gravité de la crise à Tawila, dans l’État du Darfour-Nord. Où règne une Souffrance indescriptible. “Plus de la moitié des survivants en fuite sont des enfants”, a-t-il écrit.
Fletcher a également relaté une scène marquante,d’une femme blessée, arrivée au camp à pied après avoir survécu à une attaque, portait dans ses bras l’enfant affamé de son amie. Ce témoignage illustre, selon lui, l’ampleur dramatique de la détresse vécue par les civils déplacés.
Ces survivants demandent au monde si l’aide va arriver, a-t-il affirmé. Selon l’agence onusienne de secours, Fletcher s’est rendu à Tawila, où il a rencontré et parlé a des femmes ayant fui El-Fasher il y a quelques semaines seulement. Les déplacés, a-t-il rapporté, portent des traces terrifiants de violences brutales. “Le monde ne les a pas protégés. Nous devons faire mieux”.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, a étendu sa mission au Darfour-Ouest et au Darfour-Central, avec des visites à El-Geneina et Zalingei.
Plus tôt dans la semaine, il s’était rendu à Port-Soudan, dans l’est du pays, où il a rencontré, le président du Conseil de souveraineté transitoire Abdel Fattah al-Burhan.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés HCR, estiment qu’environ 100.000 personnes dont une majorité de femmes et d’enfants ont fui la ville et les villages environnants depuis le 26 octobre 2025.
Trois semaines après les massacres, et les atrocités attribués aux Forces de soutien rapide (FSR), la milice dirigée par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », a repris la ville d’El-Fasher aux mains de l’armée régulière du Soudan, dirigée par le général Al-Bourhane. Le groupe armé contrôle désormais l’ensemble des cinq Etats du Darfour sur les 18 que compte le pays, tandis que l’armée conserve la majorité des 13 autres Etats, dont la capitale Khartoum.
Déclenché en avril 2023, le conflit opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR) a déjà fait au moins 40.000 morts et provoqué le déplacement de 12 millions de personnes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ces chiffres traduisent l’ampleur dramatique de la crise humanitaire qui frappe le pays, où les combats se poursuivent entre les deux camps rivaux.
Y.A
