Sous le ciel radieux d’Alger, El Bahdja, les souffles se sont mêlés, les pas se sont croisés et les cœurs ont battu à l’unisson. La capitale a accueilli vendredi matin un événement d’envergure : un semi-marathon international réunissant 6 500 participants, nationaux et étrangers venus de 24 pays. Femmes et hommes de tous âges ont pris le départ dans une ambiance chaleureuse et festive.
Par Rihab Taleb
Deux parcours étaient proposés aux coureurs. Le premier, long de 10 kilomètres, conduisait les athlètes de Bologhine jusqu’à la Grande-Poste, où la ligne d’arrivée était installée devant le siège de la wilaya d’Alger. Le second, plus exigeant, s’étendait sur 21,079 kilomètres. Il obligeait les participants à poursuivre jusqu’aux Ruisseaux en passant par Belouizdad et le Jardin d’Essai, avant de revenir vers l’arrivée située près de la wilaya. Ces itinéraires symboliques permettaient aux athlètes de traverser les quartiers les plus emblématiques de la capitale, tout en leur offrant un défi à la hauteur de leurs ambitions.
L’organisation s’est révélée exemplaire. Les routes ont été fermées jusqu’au passage du dernier coureur, des ambulances et équipes médicales étaient mobilisées, tandis que la protection civile et les services de police assuraient la sécurité. Des stands de ravitaillement étaient disposés tous les cinq kilomètres pour distribuer eau et fruits. Les habitants des quartiers traversés ont, eux aussi, apporté leur contribution en offrant de l’eau et en encourageant les athlètes, créant une atmosphère conviviale et solidaire, notamment grâce à la zorna qui a animé les rues d’Alger. Des associations bénévoles ont également marqué l’événement en accompagnant une participante en fauteuil roulant sur l’ensemble du parcours. L’un des moments les plus marquants restera la participation du doyen de la course, Abdelkader Benguela, 93 ans, qui a franchi la ligne d’arrivée avec enthousiasme, démontrant que le sport ne connaît pas d’âge.
La compétition a aussi été honorée par la présence de grandes figures du sport algérien, telles que Noureddine Morceli et Djamel Sedjati, invités d’honneur venus soutenir l’événement. Sur le plan sportif, les athlètes kenyans ont largement dominé les courses, décrochant les premières places chez les hommes comme chez les femmes. Le Kenyan Simon Maywa a remporté l’épreuve de 21 kilomètres en 1h 01 min 51 s, suivi de ses compatriotes Antony Kimtai et Kiprop Edwin. Du côté algérien, Mohamed Saïf Eddine a décroché la 6e place chez les hommes, tandis que Souad Aït Salem s’est classée 4e chez les femmes. Pour la course des 10 km, Moussaoui Abdelhamid, Allal Ismaïl et Boutaa Billel se sont distingués par leur vitesse et leur endurance.
Parmi les participants figuraient également des acteurs, chanteurs, journalistes et personnalités connues en Algérie.
« Merci pour ce semi-marathon d’Alger. Nous prévoyons bientôt d’organiser un marathon de 40 kilomètres, d’ici un an ou deux. C’est un peu plus complexe à mettre en place, mais essentiel pour la capitale », a déclaré l’acteur algérien Khaled Benaïssa, lui-même participant à la course.
Des coureurs venus des quatre coins du monde ont exprimé leur joie et leur satisfaction.
« Je m’appelle Kazuki, je suis japonais. C’est ma première participation au semi-marathon d’Alger. L’ambiance est magnifique, c’est très bien organisé et il y a énormément de participants », a confié un marathonien.
La cérémonie de remise des prix s’est déroulée en présence de personnalités officielles, dont Mohamed El Habib Benboulaïd, président de l’Assemblée populaire de la wilaya, et Mohamed Abdelnour Rabhi, wali d’Alger. Les trophées et certificats ont été remis dans une atmosphère solennelle, valorisant le sport et l’esprit de fraternité.
Entre fatigue, fierté et persévérance, chaque regard reflétait la beauté de cette aventure humaine. Ce semi-marathon n’était pas seulement une compétition, mais une véritable célébration du sport et de la solidarité. Des personnes en situation de handicap, des femmes et des hommes âgés ont franchi la ligne d’arrivée parfois en larmes, submergés d’émotions. Plus qu’un exploit sportif, l’événement a révélé un profond élan humain et fraternel.
R.T
