Les entreprises publiques algériennes du secteur de l’énergie ont été particulièrement « innovantes » ces dernières années, révèle une étude du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD) qui constate que 85 % de ces entreprises ont opéré des modifications significatives ou adopté des outils technologiques nouveaux récemment.
Par Mohamed Zahar
Selon l’étude du CREAD, la majorité de ces entreprises « disent avoir procédé à des innovations de produits. Il s’agit aussi bien de biens nouveaux ou améliorés de façon significative, ou (disent) proposer de nouvelles prestations de services ou améliorer significativement les services proposés aux clients ».
De même que « 83% des entreprises déclarent avoir effectué des innovations de procédés (de) fabrication ou de production de biens ou de prestations de services, ces mesures visant à rendre la production plus efficace », poursuit le CREAD.
A noter que les entreprises touchées par l’étude sont, globalement, des entreprises relevant de grands groupes publics tels que Sonelgaz ou Sonatrach, ou appartiennent à des groupes dont le métier est lié à celui de l’énergie à l’image d’IMETAL. Elle touche également des entreprises étrangères opérant en Algérie.
Les innovations adoptées par ces entreprises concernent, de manière générale, « les méthodes de logistique, de fourniture ou de distribution de matières premières ainsi que les activités de soutien ou de supports (activités de maintenance, d’achat, de comptabilité ou informatique) », souligne l’étude qui ajoute que « 89 % des entreprises ont également innové sur le plan organisationnel ».
L’innovation sur le plan organisationnel concerne « l’introduction d’un nouveau mode de fonctionnement dans l’organisation des procédures, une amélioration de l’organisation en interne (ou encore) une meilleure collaboration externe ».
D’autre part, « certaines entreprises ont eu à introduire dans le marché un nouveau bien ou service, ou d’un bien ou service considérablement amélioré », précise la même source. Elle ajoute que « trois quarts des entreprises ont introduit des produits neufs ou considérablement améliorés » au cours de ces dernières années.
Sur un autre plan, 63 % des entreprises déclarent avoir fait des innovations en matière de commercialisation. « Elles font état, par exemple, de nouvelles techniques ou medias pour la promotion des biens ou des services, ou d’une méthode de tarification différente ».
Les entreprises publiques plus impliquées que les entreprises étrangères dans les pratiques d’innovation
« Dans le secteur des hydrocarbures, l’innovation de produits est plus importante respectivement dans la prestation de services, le transport et la distribution. L’innovation de procédés se concentre beaucoup plus dans le segment recherche et exploration, production d’énergie, et fabrication de matériels. L’innovation d’organisation est plus importante dans le segment de production, de stockage et de transport, ce qui reflète l’introduction de nouveaux modes ou d’amélioration du système de gestion de la chaîne d’approvisionnement », note l’étude.
Le CREAD constate, par ailleurs, que les entreprises algériennes publiques ou à capital mixte sont plus « impliquées dans les pratiques d’innovation », comparativement aux entreprises à capital 100% étranger.
« Les entreprises publiques sont les plus impliquées dans l’introduction des innovations de produits, procédés et organisation, alors que les entreprises mixtes introduisent le plus d’innovations en matière de commercialisation et de logistique », détaille le texte.
Concernant le financement des innovations, l’étude révèle que la plus grande partie du financement est effectuée à travers des « fonds propres ou quasi propres des entreprises » algériennes.
M.Z
