Le Gabon dépend presque entièrement des importations pour satisfaire ses besoins en viande de volaille. Dans le cadre de sa stratégie de souveraineté alimentaire, le gouvernement entend remplacer progressivement ces importations en développant l’industrie avicole nationale, considérée comme un levier stratégique pour la sécurité alimentaire et la création d’emplois.
Par Nawal Bordji
Dans cette optique, un programme de formation de 40 000 professionnels du secteur a été lancé, couvrant l’ensemble de la filière, depuis la production d’aliments pour volailles jusqu’à l’élevage, le couvoir, l’abattage et la transformation des poulets. L’annonce a été relayée par le média local L’Union le mardi 11 novembre. Cette initiative vise à renforcer les compétences des acteurs locaux afin de soutenir la croissance d’une production encore limitée et d’accompagner l’industrialisation progressive du secteur.
Le 30 mai dernier, le gouvernement a pris une décision majeure en Conseil des ministres : l’importation de poulets de chair sera interdite à partir du 1er janvier 2027, afin de stimuler le développement de la production nationale. Les statistiques de la FAO indiquent qu’entre 2019 et 2023, le Gabon a importé en moyenne 84 912 tonnes de viande de volaille par an, tandis que la production locale ne représentait que 4 122 tonnes en moyenne sur la même période. Cette situation souligne le fort potentiel de croissance pour l’industrie locale et la nécessité d’investissements stratégiques dans la filière.
Le lancement de ce programme de formation s’inscrit également dans un contexte où plusieurs projets industriels vont créer une forte demande en main-d’œuvre qualifiée. Le 31 octobre, le gouvernement a signé un accord avec le groupe algérien Graine International pour l’établissement de sept fermes avicoles, d’un couvoir et d’un abattoir industriel, capables de produire plus de 72 000 tonnes de poulet par an d’ici 2027. Ce projet mobilisera un investissement total estimé à 47 milliards de francs CFA (environ 83 millions de dollars), selon le média Eco Matin. Ces infrastructures sont conçues pour intégrer des technologies modernes, réduire les pertes post-récolte et améliorer la qualité sanitaire des produits, afin de répondre aux normes locales et internationales.
Par ailleurs, le 7 octobre, un protocole d’accord avait été conclu avec l’investisseur turc Hakan Kiran pour la création d’une unité de production de poulets de chair et la fabrication des aliments nécessaires à leur élevage. Cette collaboration permettra de développer des filières complémentaires, d’assurer une production continue et de créer des opportunités d’emplois pour les jeunes et les femmes dans les zones rurales. Ces initiatives s’inscrivent dans une vision à long terme qui vise à faire du Gabon un acteur autonome sur le marché de la volaille, à réduire sa dépendance aux importations et à dynamiser l’économie locale grâce à une filière avicole structurée et compétitive.
N.B
