Le ministre des Finances, Laaziz Faid, a soulignéhier, dimanche à Alger, l’importance de l’évaluation des politiques publiques des différents secteurs comme principale mission de l’Inspection Générale des Finances (IGF), relevant du ministère.
Par Abdellali Kendoussi
Il a particulièrement insisté sur le rôle de l’IGF dans le suivi et l’évaluation des stratégies nationales dédiées à stimuler les exportations en dehors du secteur des hydrocarbures. Au cours d’une conférence organisée par l’IGF sur le thème de l’exportation hors hydrocarbures, M. Faid a déclaré que l’évaluation des politiques publiques constitue un pilier essentiel, conformément aux dispositions de la loi organique relative aux lois de finances mise en application l’année précédente. Il a précisé que ce cadre législatif met l’accent sur l’évaluation des politiques publiques afin d’assurer une utilisation optimale des ressources publiques et de réaliser les objectifs fixés par le gouvernement. La conférence, qui a réuni des responsables des finances, des banques, des douanes et d’entités du commerce international, a été l’occasion pour le ministre d’exprimer que la loi vise également à moderniser le système budgétaire, instaurant un changement majeur dans la préparation et l’exécution du budget de l’État, axé sur les résultats et soumis à un contrôle rigoureux. Le but de cette rencontre était d’établir les fondements d’une gouvernance financière moderne, dans le cadre des initiatives du ministère destinées à encourager un dialogue constructif sur les enjeux actuels, afin d’explorer toutes les options pour améliorer les politiques publiques et fortifier l’économie nationale par une gestion efficace et transparente des fonds publics. Ces discussions visent également à valoriser les observations et recommandations de l’IGF, tirées de son expertise consultative, pour soutenir la prise de décision basée sur une démarche interactive et consensuelle avec toutes les parties concernées. Le ministre a également évoqué l’importance de l’IGF dans la clarification de la stratégie adoptée pour encourager les exportations hors hydrocarbures et dans l’évaluation des performances des politiques publiques associées à ce secteur en Algérie. Il a souligné l’importance cruciale pour l’Algérie de s’attaquer à cette question, afin de mettre en lumière les défis et obstacles entravant la diversification économique du pays. Lors de cette session, des responsables de l’IGF ont exposé une analyse des politiques publiques encouragent les exportations non liées aux hydrocarbures en Algérie, notant une croissance sans précédent de celles-ci récemment. La valeur des exportations non pétrolières a grimpé de 5,05 milliards de dollars en 2021 à 6,59 milliards de dollars en 2022, après n’avoir pas excédé 3 milliards de dollars les années antérieures, a-t-il expliqué. De même, la part de ces exportations dans le PIB est passée de 1,23%, une moyenne observée de 2011 à 2020, à 3,41% en 2022. Cette évolution est attribuée à un ensemble de mesures de soutien aux exportateurs, notamment en termes réglementaires, juridiques et financiers, incluant des facilités logistiques et un soutien financier de l’État pour une partie des coûts de commercialisation à l’international via un fonds dédié. L’accent a également été mis sur les incitations et aides accordées aux exportateurs, contribuant à une hausse du nombre d’entreprises exportatrices de 2.223 en 2017 à 5.502 en 2022, tandis que le nombre d’importateurs a progressivement diminué. Pour dynamiser davantage les exportations non pétrolières, les responsables de l’IGF recommandent la création de plus de zones franches et de plateformes d’exportation, le renforcement de la flotte marchande algérienne, la sensibilisation des exportateurs à l’importance de respecter les normes internationales de qualité, et la diversification des gammes de produits exportés, particulièrement dans les secteurs miniers et des matériaux de construction.
A.K
