Mettre l’innovation au service du secteur agricole n’est pas un simple vœu pieux en Algérie, puisque des démarches concrètes ont été entreprises, ces derniers mois, dans le cadre d’une vision qui implique à la fois les institutions étatiques et les entreprises privées.
Par Mohamed Zahar
Ce véritable plan d’action repose sur deux piliers, la création de liens directs entre l’université et le secteur agricole et l’implication de startups innovantes dans la stratégie de développement de ce secteur.
Cette volonté a été exprimée, mardi, par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Beddari qui a affirmé que l’université est fortement engagée dans les objectifs de développement du pays.
Le ministre, qui effectuait une visite dans la wilaya de Mostaganem, a assuré que
“l’université est désormais un véritable levier qui renforce la vision de développement del’Algérie 2024-2029”.
Il a affiché, à ce propos, la volonté de son département ministériel d’accompagner les étudiants en vue de leur permettre de créer des startups à même de contribuer à la création de richesse.
Il a annoncé, en outre, que 60 petites entreprises et 20 startups sortiront cette année de l’université “Abdelhamid Ben Badis” de Mostaganem.
Quelques jours plus tôt, à l’université Saad Dahlab de Blida, le ministre avait supervisé le lancement officiel de trois startups spécialisées dans le domaine de l’agriculture. Ces jeunes entités économiques ont été créées à partir de projets innovants avec un financement de l’université.
Il s’agit de deux filiales spécialisées dans la production d’engrais biologiques, et d’une troisième spécialisée en médecine et reproduction animale. Selon le ministre, “l’entrée prochaine en service (de ces startups) va contribuer à la production nationale et à la consécration de l’autosuffisance”.
“Outre son rôle dans la diffusion du savoir et la recherche scientifique, l’université est aussi appelée à contribuer à la création des entreprises économiques et à transformer les idées en valeur ajoutée créatrice de richesses et d’emplois pour l’économie nationale”, avait souligné le ministre.
L’université Saad Dahlab “vise la création de près de 120 micro-entreprises avant la fin 2025, en plus de 20 startups et 250 brevets d’invention, qui seront valorisés en termes de production et de commercialisation, de manière à renforcer le rôle économique de l’université”, avait-il également dit.
L’intérêt porté par les créateurs d’entreprises innovantes au domaine de l’agriculture s’est particulièrement illustré lors du deuxième Salon international de l’investissement agricole et de la technologie (AGRI TECH EXPO), tenu à Annaba, en octobre dernier.
Pas moins de 80 exposants ont participé à cet événement qui fait la jonction entre les nouvelles technologies et le secteur agricole.
Ce salon a été une opportunité pour présenter des produits innovants relatifs à différents métiers liés au secteur agricole.
Des conférences animées par des experts internationaux, en marge du salon, ont été axées sur un certain nombre d’idées novatrices.
“Cette édition, dont la République islamique de Mauritanie, a été l’invitée d’honneur, enregistre une forte participation de start-up, et représente une réelle opportunité pour ces entreprises innovantes d’acquérir de l’expérience, de se lancer dans de nouveaux marchés et d’élargir leurs partenariats”, avait déclaré, à cette occasion, M. Salem Rabia, représentant de l’agence de communication “Incop Events”, qui a organisé ce salon.
Mis à part les professionnels, les experts et les investisseurs, cet événement a été marqué par la présence d’ambassadeurs représentant dix pays africains. Une opportunité pour nos entreprises innovantes de faire connaître leur savoir-faire à l’international.
A ce sujet, il est utile de signaler que des entreprises algériennes ont participé au Salon international de l’alimentation, “International Food and Drinks Event (IFE)”, organisé du 17 au 19 mars à Londres. Une autre opportunité pour les entreprises algériennes spécialisées dans le domaine agricole et celui de l’industrie alimentaire de faire connaître leur savoir-faire mais aussi de prendre connaissance des dernières nouveautés adoptées dans leurs domaines respectifs.
M.Z
