L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a réaffirmé son engagement à poursuivre ses activités dans les territoires palestiniens occupés, malgré la menace d’interdiction imposée par les autorités israéliennes.
Par Karim-Akli Daoudi
“Nous continuerons à apporter notre soutien aux populations”, a déclaré mercredi Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’agence, lors d’une conférence internationale à Oslo dédiée au Proche-Orient.
M. Lazzarini a précisé que le personnel local de l’UNRWA resterait mobilisé pour fournir une aide d’urgence, ainsi que des services éducatifs et sanitaires fondamentaux lorsque cela est possible. Cette déclaration intervient après l’adoption par le Parlement israélien, fin octobre, de lois visant à interdire l’agence onusienne d’opérer dans les territoires palestiniens occupés. Ces mesures, qui devraient entrer en vigueur fin janvier, compliqueront considérablement la mission de l’UNRWA, notamment dans la bande de Gaza.
Le Commissaire général a alerté sur les risques accrus que cette interdiction pourrait engendrer : “L’absence de contacts avec les autorités israéliennes rendra les déplacements de nos employés encore plus périlleux, particulièrement à Gaza, où l’armée mène des opérations depuis plus de 15 mois.” Il a également souligné que les employés non palestiniens de l’UNRWA pourraient se voir refuser l’accès à Gaza, et ceux déjà sur place seraient contraints de quitter la zone, ce qui mettrait une pression immense sur le personnel palestinien restant.
L’UNRWA, qualifiée de “colonne vertébrale” des efforts humanitaires en Palestine occupée, soutient actuellement près de six millions de réfugiés palestiniens à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Jordanie et en Syrie. Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a exprimé son inquiétude face à cette situation, qualifiant l’interdiction de l’UNRWA d'”attaque sans précédent contre l’ONU”. Selon lui, l’agence joue un rôle central dans l’éducation et la santé des réfugiés palestiniens en attendant une solution politique équitable au conflit.
Dans un contexte où la mise en œuvre de cette interdiction semble imminente, de nombreux appels internationaux sont lancés pour inciter Israël à revenir sur sa décision et à respecter ses obligations au regard du droit international. M. Lazzarini a averti que si cette interdiction devenait effective, les conséquences pour les bénéficiaires des services de l’UNRWA, en particulier à Gaza, seraient “catastrophiques”.
KAD
