Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé la “diabolisation des minorités”, devenue une “tactique commode de division” utilisée par les dirigeants pour régner.
“Dans un nombre croissant d’autocraties, les minorités étouffent, leurs droits, leur identité et leur voix étant réprimés”, a fustigé le chef des droits de l’homme de l’ONU à l’ouverture jeudi à Genève de la 18e session du Forum des Nations unies sur les questions relatives aux minorités.
Mais même dans les pays démocratiques, les minorités doivent se battre pour défendre leurs droits.
“Certains gouvernements réduisent les protections juridiques à leur égard, diminuent les quotas de participation et d’embauche, et autorisent même les descentes et la surveillance (à leur encontre)”, a déclaré M. Türk.
D’une manière générale, les schémas de pouvoir, d’asservissement, d’exclusion et de déshumanisation engendrent de fausses associations entre les groupes non dominants et l’hostilité, le désordre et la criminalité qui en découlent, instillent ainsi la peur et la haine. “Ces liens ne sont ni naturels ni accidentels”, a rappelé M. Türk.
Pour le chef des droits de l’homme de l’ONU, l’une des principales batailles contre les minorités se déroule quotidiennement sur les écrans des téléphones et des ordinateurs. “Les données disponibles montrent qu’environ 70 % des personnes visées par les discours de haine sur les réseaux sociaux appartiennent généralement à des groupes minoritaires”, a-t-il ajouté.
Partout dans le monde, les minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques restent touchées de manière disproportionnée par la pauvreté, le chômage et le manque de logements.
Il a également dénoncé la violence policière à l’encontre des minorités, qui est devenue malheureusement courante. “Rejetées dans leur propre pays, les minorités représentent la majorité des apatrides dans le monde, ce qui rend leurs droits fondamentaux encore plus inaccessibles”, a-t-il déploré.
R.I
