Le ministère de l’Agriculture a publié au Journal officiel l’actualisation du catalogue national des semences et plants autorisés en Algérie. Ce nouveau texte fixe les variétés pouvant être produites et commercialisées dans le pays. Une mesure destinée à renforcer la qualité des cultures, améliorer les rendements agricoles et sécuriser la production alimentaire nationale.
Par Chaïmaa Sadou
Signé le 25 janvier 2026, cet arrêté actualise les listes adoptées entre 2011 et 2018 et établit un cadre de référence unique pour les espèces et variétés de semences et plants autorisées à la production et à la commercialisation en Algérie.
Ce document constitue une référence essentielle pour les agriculteurs, producteurs de semences, pépiniéristes et opérateurs du secteur agricole. Il définit les variétés homologuées pouvant être produites, importées, exportées, multipliées ou vendues conformément à la législation en vigueur.
Le nouveau catalogue recense, dans la liste principale des céréales, 85 variétés de blé dur, 56 de blé tendre, 40 d’orge, 25 de triticale et 14 d’avoine. Pour la pomme de terre, le texte répertorie 202 variétés en liste A — 74 de forme oblongue allongée et 128 d’autres formes — avec des compléments en liste B. Le catalogue intègre également des porte‑greffes et variétés arboricoles (pommier, poirier, pêcher, cerisier), ainsi que des agrumes et des cépages destinés à la consommation directe.
Cette actualisation vise à améliorer la qualité des semences utilisées par les agriculteurs et à renforcer la sécurité alimentaire nationale. Des variétés homologuées permettent en effet d’obtenir de meilleurs rendements, une meilleure résistance aux maladies et une production plus stable face aux changements climatiques.
Les professionnels de la filière soulignent que le recours à des semences certifiées contribue à sécuriser l’approvisionnement en produits agricoles destinés à la consommation quotidienne.Une agriculture performante favorise également la disponibilité d’aliments de qualité, indispensables à l’équilibre nutritionnel des enfants scolarisés.
Pour les petits agriculteurs, ce catalogue constitue un outil précieux. Il leur permet de choisir des variétés adaptées à leur région et d’améliorer leurs récoltes sans risque d’acheter des semences non conformes.
Le texte précise enfin que toute nouvelle variété devra obligatoirement faire l’objet d’une homologation officielle avant son inscription au catalogue national. Cette mesure renforce le contrôle de l’Etat sur la qualité des productions agricoles et la protection du consommateur.
À travers cette actualisation, les pouvoirs publics renforcent l’encadrement du marché des semences et accompagnent la modernisation de l’agriculture nationale. L’objectif demeure de soutenir la production, améliorer les rendements et répondre durablement aux besoins alimentaires du pays.
Qu’est-ce que le catalogue officiel des semences et plants ?
Pour bien comprendre l’importance de cette actualisation, voici ce qu’il faut savoir sur ce document stratégique.
Le catalogue officiel des semences et plants est un document réglementaire qui recense toutes les espèces et variétés autorisées à la production et à la commercialisation dans un pays. En Algérie, il est publié par le ministère de l’Agriculture dans le Journal officiel, ce qui lui confère une valeur juridique incontestable.
Ce catalogue est divisé en listes, généralement A et B, qui distinguent les variétés les plus répandues et celles moins utilisées. Il couvre les principales cultures : céréales (blé dur, blé tendre, orge, avoine, triticale), tubercules (pomme de terre), porte-greffes pour arbres fruitiers (pommier, poirier, pêcher, cerisier, agrumes) et cépages de vigne. Chaque variété inscrite a été préalablement homologuée, c’est-à-dire testée et validée par des experts pour ses qualités agronomiques, sa résistance aux maladies et son adaptation aux conditions locales.
L’objectif est double : garantir aux agriculteurs des semences de qualité et protéger les consommateurs contre des produits non conformes. En effet, l’utilisation de semences non homologuées peut entraîner des pertes de rendement, une propagation de maladies ou une baisse de la qualité des récoltes.
Le catalogue joue aussi un rôle économique. Il encadre la production, l’importation et l’exportation des semences, évitant ainsi la concurrence déloyale et favorisant le développement d’un marché organisé. Les entreprises semencières doivent respecter ce cadre pour mettre leurs produits sur le marché.
L’inscription d’une variété au catalogue constitue une reconnaissance officielle de ses caractéristiques agronomiques. Elle permet aux producteurs de disposer de références fiables et facilite le choix des variétés les mieux adaptées aux conditions de culture locales.
Sur le plan social, l’existence d’un catalogue officiel contribue à la sécurité alimentaire. En garantissant des semences fiables, il assure une production agricole stable et diversifiée. Cela se traduit par une meilleure disponibilité des produits alimentaires, essentiels pour une alimentation équilibrée. En favorisant des cultures plus performantes et mieux adaptées aux conditions locales, il contribue au renforcement de la sécurité alimentaire nationale.
Le catalogue est un instrument évolutif. De nouvelles variétés peuvent être ajoutées en fonction des avancées scientifiques ou des besoins du marché. À l’inverse, certaines variétés peuvent être retirées si elles ne répondent plus aux critères de qualité ou de sécurité. Cette flexibilité permet à l’agriculture nationale de rester en phase avec les défis contemporains, tels que le changement climatique ou la demande croissante en produits alimentaires.
Véritable instrument de régulation, le catalogue officiel des semences et plants contribue à l’organisation de la filière agricole, à la protection des producteurs et au renforcement de la sécurité alimentaire nationale.
C.S
