
À Venise, plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi en marge de la 82e édition du festival de cinéma afin de protester contre les actions de l’entité sioniste à Ghaza. La marche, d’un caractère largement familial, avait été initiée par des organisations de gauche de la région.
Par Slimane Zoheir
Les participants se sont rassemblés devant l’entrée du festival, gardée par un important dispositif policier, brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes appelant au boycott ainsi qu’à la fin du « génocide ».
De nombreux manifestants ont scandé le slogan « Free Palestine », repris à travers le monde lors de rassemblements de solidarité. Pour Marco Ciotola, ingénieur informatique de 31 ans, la visibilité du secteur culturel et médiatique doit servir à soutenir la cause palestinienne : « Le monde du divertissement attire l’attention, il doit donc se positionner pour Ghaza », a-t-il affirmé.
La mobilisation ne s’est pas limitée à la rue. Ces derniers jours, plusieurs artistes ont affiché leur soutien aux Palestiniens à la Mostra. Jeudi, le cinéaste grec Yorgos Lanthimos est apparu en conférence de presse avec un pin’s aux couleurs de la Palestine, lors de la présentation de son film Bugonia.
Dès l’ouverture du festival, un collectif de dix réalisateurs indépendants italiens, Venice4Palestine (V4P), avait publié un appel exhortant à condamner la guerre à Ghaza. Selon Fabiomassimo Lozzi, l’un de ses fondateurs, cette initiative visait à replacer Ghaza et la Palestine au cœur du débat public à Venise. « L’impact a dépassé nos attentes », a-t-il déclaré, en précisant que plus de 2 000 personnes avaient signé l’appel, dont plusieurs figures du cinéma mondial comme Guillermo del Toro, Todd Field, Michael Moore ou encore Ken Loach.
Le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, a répondu dès le premier jour du festival. S’il a rappelé que la Biennale ne s’exprimait pas officiellement sur des questions politiques, il a tenu à dire sa sensibilité face à la tragédie vécue par les habitants de Ghaza.
Mercredi prochain, la Mostra présentera le film The Voice of Hind Rajab, réalisé par la Franco-Tunisienne Kaouther Ben Hania. L’œuvre retrace l’histoire poignante d’une fillette tuée le 29 janvier 2024 à Ghaza avec plusieurs membres de sa famille, alors qu’elle tentait d’échapper aux bombardements. Les enregistrements déchirants de son appel aux secours, intégrés au film, avaient bouleversé l’opinion mondiale lors de leur diffusion. Sa projection est particulièrement attendue sur le Lido.
S.Z
