La baisse du prix des boissons sucrées et alcoolisées fait que la majorité des gens aient accès à ces dernières, ce qui entraînera, à long terme, des maladies telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’obésité, notamment chez les enfants et les jeunes adultes.
Par Malika Azeb
L’Organisation mondiale de la santé estime que l’augmentation des taxes sur ces boissons permettrait d’en accroître le prix et de réduire ainsi leur consommation.
Dans ce contexte, l’OMS a appelé mardi dernier les gouvernements à prélever des taxes pour la santé sur les boissons sucrées et l’alcool en vue de générer des revenus afin de faire face aux maladies et de sauver des vies.
Dans la plupart des pays, les prix des boissons diminuent en raison de taxes souvent faibles. Selon les deux rapports publiés par l’OMS, les systèmes fiscaux peu efficaces permettent aux produits nocifs de rester bon marché ; d’autre part, les systèmes de santé sont confrontés à des pressions financières croissantes liées aux maladies.
Le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé que « les taxes sur les produits nocifs pour la santé sont l’un des outils les plus efficaces dont nous disposons pour promouvoir la santé et prévenir les maladies ».
L’augmentation des taxes sur les produits nocifs tels que le tabac, l’alcool et les boissons sucrées peut réduire la consommation de ces derniers et générer des ressources destinées aux services de santé essentiels.
Le marché mondial des boissons sucrées génère des milliards de dollars de bénéfices, alimentant une consommation généralisée et les profits des entreprises, tandis que l’État ne récupère qu’un infime revenu au moyen de taxes liées à la santé, laissant ainsi la société assumer les coûts sanitaires et économiques à long terme.
D’après l’autre rapport de l’OMS, environ 167 pays imposent des taxes sur les boissons alcoolisées, contre 12 qui les interdisent totalement.
Le prix de l’alcool, dans la majorité des pays, est resté inchangé depuis 2022, en raison de taxes qui ne suivent pas le rythme de l’inflation et de la croissance des revenus. Malgré les risques sanitaires évidents des boissons sucrées et alcoolisées telles que le vin, dans au moins 25 pays, principalement en Europe, cette boisson n’est toujours pas taxée.
Ces tendances persistent malgré un sondage Gallup de 2022 qui révèle que la majorité des personnes interrogées sont favorables à une hausse des taxes sur l’alcool et les boissons sucrées.
L’OMS, dans le cadre de sa nouvelle appelle les gouvernements à relever leurs taxes et à les repenser. Cette initiative a pour objectif d’augmenter le prix des produits nocifs d’ici 2035 afin de les rendre moins accessibles et de protéger ainsi les populations contre les maladies causées par ces produits.
M.A
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Bon à savoir
Diabète en Algérie
Une propagation alarmante liée aux habitudes alimentaires
Les données sur le diabète en Algérie montrent qu’en 2025, la maladie touche 4,8 millions de personnes, dont près d’un tiers non diagnostiquées.
Cette pathologie est favorisée par de mauvaises habitudes alimentaires, le manque d’exercice physique, le stress et une faible qualité de vie.
Il y a plus de deux ans, le ministère de la Santé a lancé un appel aux fabricants de boissons sucrées et de yaourts afin de réduire le taux de sucre dans leurs produits et de se conformer à la nouvelle réglementation limitant ce taux, dans le but de préserver la santé publique.
D’ailleurs, le ministère a mis en vigueur deux arrêtés ministériels fixant les spécifications des boissons et des jus de légumes et de fruits.
Le premier arrêté interministériel (industrie, agriculture, commerce et santé), portant adoption du règlement technique relatif aux jus et nectars de fruits, jus de légumes ou de fruits, en date du 21 mars 2022, et le deuxième arrêté interministériel (industrie, santé, commerce, agriculture et ressources en eau), du 29 août 2022, relatif à la fiche technique fixant les spécifications de certaines boissons rafraîchissantes.
Dans le souci de préserver la santé publique, la Fédération algérienne des consommateurs a organisé en 2024 un congrès international sur la santé intégrative, dont les travaux se sont focalisés sur la réduction du sucre et du sel dans les produits issus de l’industrie agroalimentaire commercialisés en Algérie.
Les participants à ce congrès ont souligné que l’excès de sucres dans les boissons sucrées et les jus industriels contribue à l’obésité et au risque de diabète, notamment chez les enfants et les jeunes, plus grands consommateurs de ces produits industriels sucrés tels que les yaourts.
Il convient de souligner que la consommation de sucre chez les Algériens a largement dépassé le seuil recommandé par l’OMS. Selon l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), la moyenne de consommation de sucre par habitant s’élève à 42 kg/an, contre une moyenne mondiale de 23 kg/an, alors que la norme préconisée par l’OMS recommande une consommation de sucre ne dépassant pas 10 kg/an.
M.A