Sous la direction de l’Agence nationale d’études et de suivi des projets ferroviaires (Anesrif), l’organisme principal responsable du projet, il a été procédé récemment au lancement du processus de préparation technique en vue du démarrage des travaux pour la réalisation du premier tronçon de 200 kilomètres du projet ferroviaire Bechar-Tindouf, destiné au transport du minerai de fer de Gara Djebilet (Tindouf).
Par Wahiba Blidi
Cette information a été communiquée hier, mercredi, par les autorités de la wilaya de Bechar. Le processus de préparation technique pour le début de la première phase de ce vaste projet ferroviaire de 1.000 kilomètres a débuté sur le terrain avec la participation de plusieurs entreprises publiques impliquées dans sa réalisation. L’Anesrif supervise étroitement cette étape importante, comme l’ont précisé des responsables locaux lors d’une récente visite sur place. À cette occasion, le wali de Bechar, Mohamed Saïd Benkamoun, a exhorté à la fois l’organisme principal responsable et les entreprises de construction à accélérer la mise en place des équipements techniques nécessaires avant le début officiel des travaux. Au cours de cette visite, le chef de l’exécutif local, accompagné des responsables de l’Anesrif et des entreprises impliquées, a inspecté les chantiers et les sites où seront installés les ateliers et autres installations nécessaires, y compris les bases de vie le long du tracé de cette première phase du projet. Ce projet, initié par les autorités publiques pour exploiter le gisement de fer de Gara-Djebilet, résulte d’un partenariat entre la Société Nationale du Fer et de l’Acier (Feraal) et un consortium chinois (CMH). Selon les informations fournies précédemment par les responsables de l’Anesrif, cette première section du projet comprendra environ vingt ouvrages d’art, dont un pont de 9 kilomètres et une gare située dans la ville d’Abadla, à 88 kilomètres au sud de Bechar. De plus, un embranchement de 30 kilomètres sera construit pour relier le futur complexe sidérurgique de Bechar à la ligne ferroviaire Bechar-Oran, facilitant ainsi le transport des produits de ce complexe vers le port d’Arzew (Oran). Ce projet d’une valeur d’un milliard de dollars américains devrait débuter avant la fin de l’année 2023, selon les déclarations faites en juin dernier par le Président-directeur-général (PDG) du groupe minier public Manajim El Djazair (Manal), Mohamed Sakhr Harami, lors d’une visite d’une délégation de responsables et d’experts du secteur de l’énergie et des mines dans la wilaya de Bechar. En ce qui concerne son impact social, ce projet d’envergure devrait générer environ un millier d’emplois directs, a également souligné la même source. Rappelons, par ailleurs, qu’en date du 13 septembre en cours, le groupe China Civil Engineering Construction Corporation CCECC, a annoncé dans un communiqué, la future création «d’un institut de formation professionnelle destiné à former des professionnels spécialisés dans le métier des chemins de fer au niveau la wilaya de Béchar». Ce communiqué sanctionnant une rencontre le 11 septembre dernier, entre le wali de Béchar, une délégation du ministère de l’Enseignement professionnel et des cadres du groupe CCECC, indique que les deux parties ont convenu de la création de cet institut dans le cadre «de l’accord de coopération bilatérale renforçant les chemins de fer, conclu lors de la visite du président de la République en Chine». La wilaya de Béchar, poursuit le communiqué de la CCECC, qui sera «un important pôle industriel du Sud dans le futur et un carrefour stratégique pour le développement ferroviaire, permettra à cet institut de formation ferroviaire de jouer un rôle majeur». Ce projet vise à former des professionnels dans le ferroviaire spécialisés notamment dans l’exploitation et la maintenance des chemins de fer, ainsi que la conduite et la réparation des roulants ferroviaires, de l’électrification, et la maîtrise des systèmes de signalisation et de communication. Ces spécialités devraient «combler le vide de formation dans ces domaines en Algérie» a déclaré le wali lors de cette rencontre, a-t-on indiqué dans le même communiqué. Ce dernier précise que le groupe CCECC est un «leader de la chaîne complète de l’industrie ferroviaire, et participe à la production d’équipements ferroviaires, aux consultations et conceptions, à la réalisation de projets et à la gestion de l’exploitation ferroviaire ainsi que d’autres domaines». Le même groupe a réalisé 9000 km de projets ferroviaires dans le monde dont 458 km en Algérie. «Fort de son expérience dans la formation ferroviaire (il a déjà réalisé des coopérations similaires à Djibouti, en Ethiopie et au Nigeria), le groupe CCECC travaillera en collaboration avec le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels pour équiper cet institut de formation en matériel pédagogique de pointe et offrir, non seulement diverses formations aux enseignants, mais également des opportunités de stage et d’emploi aux étudiants que ce soit en Algérie ou dans d’autres pays africains» souligne le communiqué du groupe chinois. Selon le wali, cité par la même source, le projet sera lancé dans les plus brefs délais «afin de soutenir la construction du futur réseau ferroviaire de 6.000 km en Algérie» et deviendra une «institution ferroviaire majeure pour l’Afrique subsaharienne».
W.B
