Chamseddine Benmoussat, directeur des startups et des structures d’appui au ministère de l’Économie de la Connaissance, des Startups et des Micro-entreprises, a dressé un état détaillé de l’évolution de l’écosystème entrepreneurial national, caractérisé par une dynamique soutenue, une ouverture à l’international et des évolutions structurantes.
Par Malika Azeb
Dans son intervention lors d’une émission intitulée « L’invité du jour » sur les ondes de la chaîne 3 de la radio nationale, et revenant sur l’événement qui a eu lieu à Annaba consacré à l’entrepreneuriat, M. Benmoussat a affirmé que la 5e édition de la foire de l’entrepreneuriat d’Annaba (ACF) est devenue une manifestation d’envergure nationale, en soulignant : « Ce qui était au départ un événement régional est aujourd’hui une manifestation à portée nationale et même internationale. »
Il a ajouté qu’en plus de la participation des porteurs de projets et des experts issus de 35 wilayas du pays, la présence des délégations étrangères telles que tunisiennes, allemandes et italiennes, en partenariat avec la coopération algéro-allemande (GIZ), constitue un signe de l’attractivité croissante de l’écosystème algérien.
Benmoussat a précisé que cette dynamique est le résultat de la maturité du tissu local et du rôle clé joué par le centre d’innovation d’Annaba, qui héberge aujourd’hui plus de 50 startups. Il a indiqué que « cette concentration crée une énergie exceptionnelle et favorise l’émergence d’événements de plus en plus structurés ».
À une question sur l’écho qu’a fait la foire de l’entrepreneuriat d’Annaba sur la scène internationale, Chemseddine Benmoussat a expliqué qu’à l’exemple des partenaires allemands particulièrement impliqués dans la thématique de l’Agri-Tech, ceux-ci portent un grand intérêt pour les compétences locales. « Un expert allemand m’a confié qu’il n’avait jamais vu un gouvernement soutenir autant ses startups », a affirmé M. Benmoussat, insistant sur les compétences et la richesse du capital algérien, notamment chez les jeunes étudiants et entrepreneurs.
Évoquant les différentes thématiques abordées lors de la foire de l’entrepreneuriat d’Annaba, telles que l’intelligence artificielle, la santé et l’agriculture, Chemseddine Benmoussat a expliqué que ces sujets reflètent l’orientation stratégique vers des secteurs à forte valeur ajoutée, en précisant que « l’Agri-Tech permet d’augmenter le rendement, d’économiser l’eau et d’apporter plus de précision ». Il a ajouté que ces domaines s’inscrivent dans la transition vers une économie innovante.
Revenant sur le parcours des startups, M. Benmoussat a indiqué que « la startup n’est qu’une étape dans un parcours ; lorsqu’elle atteint une certaine maturité, elle doit évoluer vers le scale-up ». Ce nouveau label, mis en place en décembre 2025, consacre des entreprises capables de se développer à l’international et de générer des revenus en devises, sachant que le Comité national d’habilitation, créé en 2020, délivre actuellement quatre labels, dont le tout récent label.
Il a rappelé que le ministère de l’Économie de la Connaissance, des Startups et des Micro-entreprises ambitionne de labelliser au moins une quinzaine de scale-up durant l’année en cours. L’objectif de cette démarche est de préparer l’émergence de champions nationaux et de licornes à l’avenir, conformément aux orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, consistant à orienter l’économie nationale vers la connaissance, l’innovation et le savoir-faire, en complément des hydrocarbures.
Concernant les facilités accordées par le gouvernement aux startups, M. Benmoussat a axé son intervention sur les nombreuses incitations accordées aux micro-entreprises, telles que les exonérations fiscales pouvant atteindre six ans, les procédures 100 % numériques, un accompagnement gratuit et un accès facilité au financement. « Aujourd’hui, un porteur de projet peut créer et développer sa startup sans dépenser un seul dinar au départ », a-t-il souligné.
Illustrant ces propos, il a déclaré que « sur plus de 1 100 startups labellisées depuis 2020, seules une dizaine ont cessé leur activité ; cela représente un taux de survie supérieur à 95 % ».
Au terme de l’émission, M. Benmoussat a estimé que le rôle des startups dans la gouvernance et la souveraineté des données est jugé stratégique, en affirmant que « nous avons des startups qui développent leurs propres modèles d’intelligence artificielle et des clouds locaux afin de préserver les données sensibles en Algérie ».
MA
