
Le conseil de sécurité des Nations unies a tenu lundi un débat public de haut niveau consacré à l’insécurité alimentaire provoquée par les conflits armés.
Par Rihab Taleb.
Cette réunion, inscrite à l’ordre du jour sous le thème Menaces à la paix et à la sécurité internationales, constitue l’un des événements importants de la présidence Sierra-Léonaise du Conseil en novembre et il est dirigé par le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio.
Intitulée Cadrer le dialogue mondial : s’attaquer à l’insécurité alimentaire comme facteur de conflit et garantir la sécurité alimentaire pour une paix durable, la rencontre a réuni plusieurs personnalités internationales. Parmi elles figurent Amina J. Mohamed, secrétaire générale adjointe de l’ONU et présidente du groupe des Nations Unies pour le développement durable, Joyce Msuya, sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires, Ibrahim Assane Mayaki, envoyé spécial de l’Union africaine pour les systèmes alimentaires, ainsi que Maximo Torero Cullen, économiste en chef de la FAO.
Le débat a fixé plusieurs objectifs, dont l’approfondissement de la compréhension des liens entre conflits et insécurité alimentaire, et la promotion d’approches intégrées et multisectorielles pour traiter à la fois les conséquences immédiates et les causes structurelles de la faim.
Selon les responsables onusiens, les conflits demeurent la principale cause de l’insécurité alimentaire aigue et famine dans le monde, aggravée par le changement climatique, la fragilité économique et une baisse sans précédent du financement humanitaire. En 2024, près de 140 millions de personnes réparties dans 20 pays et territoires ont été touchées par cette crise.
Les membres du conseil ont exprimé leurs vives préoccupations face à l’aggravation de la situation et insister sur l’urgence d’intervenir rapidement pour éviter une dégradation supplémentaire. Deux contextes particulièrement alarmants ont été au cœur des discussions, la bande de Ghaza et le Soudan, où l’insécurité alimentaire atteint des niveaux catastrophiques, aggravés par de sévères restrictions d’accès humanitaire.
Plusieurs intervenants ont également alerté sur les réductions drastiques et financement enregistrées cette année, qui ont entrainé une pénurie critique de ressources dans les domaines humanitaires et du développement. Ils avertissent que sans investissements urgents et massifs dans l’aide humanitaire, les interventions précoces et la mise en place des systèmes résilients, l’impact des conflits sur les populations vulnérables risque de s’intensifier
R.T
