La bataille de Hassi Sekka, dans la région d’El Menia, fut un haut fait d’armes de la Révolution algérienne, menée par les moudjahidines locaux contre le colonialisme français. Cette région a gravé son nom en lettres d’or dans l’histoire de l’Algérie, tout comme d’autres parties du pays, témoignant de l’adhésion de tout le peuple algérien à la Révolution du 1er novembre 1954.
Par Malika Azeb
La bataille de Hassi Sekka, livrée le 15 octobre 1957 par les révolutionnaires de cette région du Grand Erg occidental, située dans la zone 3 de la wilaya V historique, opposa les forces armées coloniales aux combattants algériens. Cette journée mémorable rappelle la détermination du peuple algérien à contrecarrer les ambitions coloniales, qui cherchaient à asseoir leur domination sur le Sahara algérien, à en piller les richesses, et à isoler cette région du reste du pays, a témoigné le moudjahid Messaoud Ben Mohamed El-Ghouti.
Les militants de la région, infiltrés au sein des méharistes, ont répondu à l’appel du Front de libération nationale (FLN) en prenant part au combat armé contre les forces coloniales pour déjouer leur plan visant à séparer le Sud algérien du reste du pays. Le 15 octobre 1957, ces combattants ont élaboré un plan visant à neutraliser les services de transmission et les gardes coloniaux, avant de s’emparer d’un important lot d’armes et de munitions.
Cette opération a abouti à la mort de 20 soldats français et à la récupération de munitions, de dromadaires et de fonds. Par la suite, une nouvelle unité a été formée sous la conduite du moudjahid Slimane Bensaad, qui s’est déployée dans tout le Grand Erg occidental, couvrant El Menia, Timimoun et Adrar.
Le coordinateur de l’Organisation des enfants de chouhada, Ahmed Zebiri, a indiqué que la bataille de Hassi Sekka a donné lieu à la formation de plusieurs groupes sous le commandement de Slimane Bensaad, chargés des liaisons, de l’armement et de la collecte des fonds destinés à l’approvisionnement de la Révolution. Parmi les membres de ce groupe figurait le moudjahid Mohamed Bendouaya, issu de la Zaouiet Debbagh, chargé de collecter des fonds pour l’achat d’armes.
Ahmed Zebiri a également souligné que, dès que l’armée française a eu connaissance de la présence des moudjahidines dans la région, elle a lancé une vaste offensive et un ratissage dans le Grand Erg, avec le soutien d’une couverture aérienne. Cette action a conduit à l’arrestation de nombreux moudjahidines, emprisonnés dans les camps de détention d’El Menia, Touggourt, Ouargla et Metlili (Ghardaïa). Certains d’entre eux ont succombé sous la torture, tandis que d’autres, comme Messaoud Ben El-Ghouti, natif de Cherouine à Adrar en 1930, ont réussi à s’évader. Des peines de mort ont été prononcées contre eux par les forces coloniales.
Le Dr Abderrahmane Nouacer, de l’université d’Adrar, a affirmé que la bataille de Hassi Sekka constitue une page glorieuse de l’histoire de la Révolution pour la libération nationale. Elle a contribué à déjouer les tentatives du colonialisme français de séparer le Sahara du reste de l’Algérie, un objectif que la France n’a pas atteint, malgré les atrocités et les actes barbares infligés au peuple algérien, qui est resté digne, inébranlable et déterminé à défendre sa patrie, quels que soient les sacrifices, a-t-il ajouté.
M.A
