Une conférence a été organisée hier mercredi à Alger pour commémorer le 70ᵉ anniversaire de la mort en martyr de Didouche Mourad, l’un des artisans éminents de la Révolution de Novembre 1954.
Par Slimane Zoheir
Cette rencontre, tenue par le Forum du quotidien El Moudjahid en collaboration avec l’Association Machaâl Echahid, a été l’occasion de mettre en avant la personnalité exceptionnelle de ce jeune leader et de souligner l’importance de préserver la Mémoire nationale.
Mohamed Abbad, président de l’Association Machaâl Echahid, a rappelé les exploits héroïques de Didouche Mourad, connu sous le pseudonyme de “Si Abdelkader”. Plus jeune des six chefs historiques ayant déclenché la guerre de libération, il fut également le premier à tomber au champ d’honneur, le 18 janvier 1955, lors de la bataille de Boukerker contre l’armée coloniale française. M. Abbad a insisté sur la nécessité de valoriser toutes les étapes de la Révolution pour perpétuer l’héritage des symboles de la lutte pour l’indépendance.
L’historien Ahcène Telilani a, pour sa part, évoqué les qualités humaines et stratégiques de Didouche Mourad, telles que relatées par ses compagnons d’armes. Il a souligné son leadership, sa vision éclairée, et son courage face à l’ennemi, le décrivant comme une figure inspirant confiance et admiration. Il a également rapporté que lors de la bataille de Boukerker, le jeune chef, malgré l’infériorité numérique de ses hommes face à 400 soldats français, a combattu avec détermination avant de tomber en martyr.
Le moudjahid Boualem Cherifi, représentant de l’Organisation nationale des Moudjahidine (ONM), a retracé le parcours militant de Didouche Mourad. Depuis son engagement précoce au sein des Scouts musulmans algériens (SMA) jusqu’à sa participation à la résistance politique et armée, il a illustré l’engagement total de ce héros, convaincu que la lutte armée était le seul moyen de libérer la patrie. M. Cherifi a également insisté sur la nécessité de préserver la Mémoire nationale et d’enseigner aux jeunes générations les sacrifices consentis par les moudjahidine et les chouhada.
Enfin, l’historien Lahcen Zeghidi a mis en lumière la vision stratégique de Didouche Mourad, qui a rapidement compris que seule l’action militaire permettrait de libérer l’Algérie du joug colonial. Selon lui, les figures historiques de la Révolution doivent continuer à inspirer l’édification de l’Algérie nouvelle, tout en protégeant les générations futures de l’oubli et des distorsions historiques.
Cette conférence a permis de réaffirmer l’importance de la Mémoire nationale comme fondement de l’identité et de la souveraineté algériennes, tout en rendant un vibrant hommage à Didouche Mourad, héros intemporel de la lutte pour la liberté.
S.Z
