En proie à une agression sioniste, le Liban est “au bord du gouffre”, a alerté hier, mardi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, devant l’Assemblée générale à New York, craignant que le pays ne devienne “un autre Ghaza”.
Par Tinhinane Ait Afrah
“Ghaza est un cauchemar permanent qui menace d’emporter toute la région dans le chaos. A commencer par le Liban. Le peuple libanais (…) et les peuples du monde ne peuvent se permettre que le Liban devienne un autre Ghaza”, a-t-il martelé devant les 193 pays de l’ONU réunis pour la semaine annuelle des discours des chefs d’Etat et de gouvernement. “Nous devrions tous être alarmés par cette escalade. Le Liban est au bord du gouffre”, a-t-il dit. De manière plus générale, “le monde est pris dans un tourbillon” où les divisions géopolitiques ne cessent de grandir et où “les guerres font rage sans que l’on ne sache comment elles vont se terminer”. “Nous allons tout droit vers l’inimaginable, une poudrière qui risque d’engloutir le monde”. “On ne peut pas continuer ainsi”, a-t-il plaidé, mettant notamment en cause pour cette situation l’impunité qui règne à travers le monde. “Le degré d’impunité dans le monde est indéfendable sur le plan politique et moralement intolérable. Aujourd’hui, un nombre croissant de gouvernements se sentent autorisés à bénéficier, comme au Monopoly, d’une carte –Vous êtes libéré de prison–“, a-t-il déclaré.
“Ils peuvent fouler aux pieds le droit international. Ils peuvent violer la Charte des Nations Unies. Ils peuvent ignorer les conventions internationales sur les droits humains ou les décisions des tribunaux internationaux. Ils peuvent bafouer le droit international humanitaire. Ils peuvent envahir un autre pays, dévaster des sociétés entières ou mépriser complètement le bien-être de leur propre peuple”, a-t-il énuméré. “Sans que rien ne se passe”. Pour rappel, les agressions de l’armée sioniste menées lundi sur le sud et l’est du Liban ont fait 558 martyrs, parmi lesquels 50 enfants, a annoncé mardi le Centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé. Le bilan humain n’a cessé de s’alourdir au fil des heures. “Les frappes aériennes ont causé le martyre de 558 personnes, dont 50 enfants et 95 femmes, et blessé 1835 autres”, a déclaré le Centre des opérations d’urgence du ministère de la Santé dans un nouveau décompte. Un précédent bilan faisait état de 492 martyrs et 1645 blessés.
Des milliers de familles ont fui les zones bombardées, selon le ministère de la Santé. Hier, mardi, l’aviation des forces d’occupation sioniste a poursuivi ses bombardements sur des villes et localités du gouvernorat de Baalbek-Hermel, au nord-est du Liban, qui ont décimé des familles entières, faisant une dizaine de martyrs et déplacer plusieurs habitants. L’agence de presse libanaise ANI a indiqué que des avions de chasse des forces sionistes ont lancé des raids sur la ville de Baalbek et les localités de Douress, Bazzalia et Chaat, situées dans le gouvernorat de Baalbek-Hermel, faisant une dizaine de martyrs et plusieurs blessés. Depuis lundi matin, l’armée d’occupation sioniste a lancé l’attaque “la plus violente, la plus étendue et la plus intensive” contre le Liban depuis le début des agressions sionistes il y a environ un an.
T.A.A
