Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, M. Lakhdar Rekhroukh, a donné avant-hier le coup d’envoi officiel des travaux d’aménagement et de mise en place du système global pour le projet d’extension du métro d’Alger.
Par Malika Azeb
La cérémonie de lancement s’est tenue sur le site de la future station du pôle universitaire de l’École polytechnique d’El Harrach, en présence du ministre des Transports, M. Saïd Sayoud, du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Kamel Baddari, de l’ambassadeur de Chine, M. Dong Guangli, du secrétaire général de la wilaya d’Alger, M. Abderrahmane Rahmani, ainsi que de représentants des autorités locales et des entreprises en charge du chantier.
Deux principales extensions sont concernées par ces travaux : la ligne El Harrach – Aéroport international Houari Boumediene (9,5 km) et la ligne Aïn Naâdja – Baraki (6 km).
« Grâce à cette extension, la longueur totale du réseau passera de 19 à 32 kilomètres, et le nombre de stations de 19 à 32 », a déclaré M. Rekhroukh. Il a précisé que la mise en œuvre du système global d’extension constitue une étape déterminante dans la réalisation de ce projet majeur, qui s’inscrit dans le cadre de la vision stratégique du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune. Cette vision vise la concrétisation de grands projets structurants pour moderniser les infrastructures urbaines et améliorer le cadre de vie des citoyens.
Le projet répond également au 32ᵉ engagement présidentiel, lié au désengorgement des routes dans les grandes villes, notamment à Alger. À terme, le métro devrait s’étendre sur 90 km et desservir plusieurs communes, de Zéralda à l’ouest à Aïn Taya à l’est, en passant par Chéraga, Ouled Fayet et Bordj El Kiffan.
La première ligne comportera neuf stations : Hassan Badi, Pôle universitaire, Beaulieu, Oued Smar, Université Houari Boumediene, Rabia Tahar, Ismail Yefsah, Centre d’affaires, et l’Aéroport. Quant à la ligne Aïn Naâdja – Baraki, elle comptera six stations : Mohamed Boudiaf, Aïn Naâdja, Parc urbain Mohamed Belaribi, El Hadiqa, et le quartier des 2 004 logements de Baraki.
Les travaux comprennent également l’aménagement de ces 15 stations, l’équipement des tunnels et la pose des voies ferrées. M. Rekhroukh a souligné que ce chantier s’inscrit dans la dynamique nationale de modernisation du transport urbain et de désengorgement de la capitale. Il a insisté sur l’importance stratégique de ces deux nouvelles lignes qui relieront des zones résidentielles, des pôles universitaires et des infrastructures majeures de la capitale.
La livraison complète du projet est prévue pour 2027. Les travaux de mise en place du système intégral et d’aménagement des stations s’étendront sur 24 mois. « La rentrée universitaire 2027-2028 se fera avec le métro pour les étudiants de l’USTHB, de l’École polytechnique d’El Harrach, entre autres », a-t-il précisé.
Le ministre a ajouté que les travaux de génie civil sont achevés à 99 % et que la mise en service de certains tronçons pourra se faire de manière progressive. Une fois pleinement opérationnel, le métro d’Alger devrait accueillir 85 millions de passagers par an, contre 45 millions actuellement.
Rekhroukh a mis en avant l’intégration d’équipements techniques de dernière génération pour garantir un fonctionnement fiable, sécurisé et conforme aux normes internationales de qualité. Il a aussi insisté sur l’approche inclusive du projet, favorisant les partenariats entre entreprises nationales et étrangères, notamment entre le groupe Cosider (et ses filiales spécialisées) et les sociétés chinoises, ainsi que le Groupe public de construction ferroviaire (GCF), récemment créé, via sa filiale INFRARAIL, spécialisée dans les infrastructures ferroviaires.
Cette approche vise à garantir la réussite du projet, à promouvoir le transfert de compétences et à valoriser le savoir-faire national. « Nous mettons un accent particulier sur la formation pratique et le renforcement des compétences de nos ressources humaines, un facteur essentiel pour un développement durable », a ajouté le ministre.
Rekhroukh a exhorté les entreprises responsables du chantier à respecter les délais contractuels, à coordonner efficacement sur le terrain avec leurs partenaires et à suivre un calendrier rigoureux, en vue d’accélérer les travaux et de permettre une mise en service progressive des lignes.
Pour sa part, M. Menad Kherfi, directeur général de l’Entreprise du Métro d’Alger (EMA), maître d’ouvrage délégué, a indiqué que le lancement du système global intervient après l’achèvement des travaux de génie civil sur les tronçons El Harrach centre – Aéroport international d’Alger et Aïn Naâdja – Baraki. Il a précisé que les travaux ont été réalisés selon les normes internationales et les réglementations techniques en vigueur.
Kherfi a salué la contribution du groupe Cosider, acteur majeur dans ce projet, et son rôle crucial dans la réalisation des gros œuvres.
En marge de la cérémonie, un groupe d’étudiants majors de promotion de l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme (EPAU) a été récompensé pour sa participation à un concours lancé par l’EMA. Ces étudiants ont proposé des designs pour l’aménagement de quatre stations souterraines des deux nouvelles lignes.
M.A
