L’Algérie s’engage résolument dans une logique de recherche de partenariats internationaux avec pour objectif d’exporter de manière significative l’excédent d’énergie électrique produite localement.
Par Mohamed Zahar
Cette volonté qui s’impose comme un plan d’action pour les années à venir, se concrétise déjà sur le terrain à travers un certain nombre d’actions palpables.
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a défini cette vision lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée dimanche dernier.
Il a instruit le gouvernement, au cours de cette réunion, “d’adopter une vision intégrée basée sur le développement de l’investissement dans le domaine de l’énergie et l’orientation de l’excédent à l’exportation, l’industrie énergétique algérienne ayant prouvé son efficacité”, indique un communiqué du Conseil des ministres.
“L’Algérie entamera à l’avenir des recherches en partenariat international pour adopter de nouvelles énergies propres, en utilisant les compétences et l’expertise algériennes”, a souligné le président de la République.
Dans cette optique, il a encouragé “la société Sonelgaz à jouer un rôle de leader au niveau régional et continental, vu ses capacités et son personnel hautement qualifié”.
Ces orientations ont été immédiatement suivies par une action concrète sur le terrain.
Le lendemain de la tenue du Conseil des ministres, le ministre d’Etat, ministre de l’Energie, des mines et des énergies renouvelables, M. Mohamed Arkab, en visite à Addis-Abeba, en Ethiopie, a évoqué avec son homologue éthiopien les possibilités de partenariat dans le domaine spécifique de l’énergie électrique.
Le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Energie, Habtamu Itefa Geleta a exprimé, lors de sa rencontre avec M. Arkab, un “grand intérêt” à bénéficier de l’expérience algérienne, notamment à travers le groupe Sonelgaz, pour développer son réseau électrique dans les zones rurales et agricoles, et renforcer sa capacité à exporter l’énergie au niveau régional, selon un communiqué du ministère de l’Energie.
Les deux parties ont également évoqué les moyens de renforcer la coopération bilatérale dans le domaine de l’énergie, en général, incluant les énergies renouvelables, informe un communiqué du ministère. Les discussions, qui se sont déroulées en présence du P-DG du groupe Sonatrach, Rachid Hachichi, du P-DG du groupe Sonelgaz, Mourad Adjal, ainsi que des cadres du ministère et des deux entreprises, se sont concentrées sur le renforcement de la coopération dans les domaines de la production, du transport, de la distribution et de la transformation de l’électricité, note le communiqué.
Quelques jours plus tôt, le 16 mars, Habib Mohamed Lakhdar, directeur des études à Sonelgaz a annoncé, sur les ondes de la Radio algérienne, qu’un
Mémorandum d’entente sera signé prochainement entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye afin de lancer les études préalables à la réalisation du projet d’interconnexion électrique entre ces trois pays.
“Nous travaillons sur le projet du corridor électrique qui reliera l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Les discussions sont en cours et un mémorandum d’entente sera signé prochainement entre les trois pays pour lancer les études nécessaires à la concrétisation de ce projet”, a-t-il dit.
Ce projet permettra à Sonelgaz d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’exportation d’électricité vers ces deux pays voisins, a ajouté le même responsable.
Habib Mohamed Lakhdar a rappelé, en outre, que le plan de développement stratégique de Sonelgaz consacre un axe majeur à l’expansion internationale, notamment en Afrique, en commençant par les pays voisins.
Il a ajouté que Sonelgaz entendait également “exporter” son savoir-faire en matière d’études d’ingénierie, l’accompagnement dans la réalisation de réseaux de transport de l’électricité en plus de l’exportation d’équipements industriels fabriqués localement.
Il a signalé, d’autre part, qu’un mémorandum d’entente a été signé en juillet 2024 entre Sonelgaz, Sonatrach et le groupe italien ENI pour la réalisation d’études de faisabilité concernant un projet d’interconnexion électrique entre l’Algérie et l’Italie.
Ce projet consiste en l’installation d’un câble sous-marin reliant le nord-est de l’Algérie au sud de l’Italie. Il permettra à l’Algérie d’accéder au marché européen de l’électricité via l’Italie, a-t-il expliqué.
“Nous sommes actuellement à l’étape de préparation des cahiers des charges en vue du lancement des études nécessaires”, a-t-il ajouté.
S’agissant de la centrale électrique en cours de réalisation au Niger, un don de l’Algérie, il a précisé que, conformément aux décisions des hautes instances de l’Etat, sa mise en service était prévue avant l’été prochain, l’objectif étant de répondre aux besoins urgents du Niger en électricité. Il a souligné que cette infrastructure sera installée et mise en service par les équipes de Sonelgaz.
Il y a lieu de noter, par ailleurs, que l’entreprise privée ”Azan Energy’ basée à Laghouat a exporté, vendredi dernier, une cargaison de câbles électriques vers le Togo. Il s’agit d’une première pour cette entreprise algérienne qui entend désormais conquérir d’autres marchés en Afrique, selon ses responsables.
Présent à la cérémonie organisée à l’occasion de cette opération d’exportation, le wali de Laghouat, Fodil Douifi, a indiqué que cette opération marquait l’aboutissement des efforts continus de l’Etat pour encourager l’investissement et les industries nationales, tout en visant l’autosuffisance dans plusieurs secteurs vitaux.
M Z.
