L’Algérie est en mesure de développer des programmes de recherche compétitifs au niveau mondial en renforçant ses liens avec les scientifiques algériens établis à l’étranger, a indiqué, dans une interview à paraître bientôt sur journal Entre Nous, le Dr. Ahmed Chenna, chercheur principal chez LabCorp-Monogram Biosciences Inc., basé en Californie, aux États-Unis. Une firme spécialisée dans la biotechnologie et les recherches avancées liées à l’ADN et les protéines pour les solutions médicales.
Par Mohamed Zahar
Le Dr. Ahmed Chenna, chercheur algérien, auteur de 80 articles scientifiques dans le domaine de la biotechnologie et qui a contribué à 41 brevets mondiaux, estime que la communauté scientifique algérienne établie à l’étranger peut beaucoup apporter à l’Algérie.
« Je vois un potentiel énorme pour l’Algérie en matière de développement de programmes de recherche compétitifs au niveau mondial en renforçant ses liens avec sa diaspora scientifique », a-t-il soutenu. Lui-même se dit disposé à contribuer, dans son domaine, au développement technologique souhaité en Algérie.
« Je souhaite approfondir mon engagement avec les institutions de recherche algériennes. En m’appuyant sur mon expérience, je prévois de soutenir des initiatives favorisant l’échange de connaissances et le renforcement des capacités. Cela pourrait inclure des programmes de mentorat, des projets collaboratifs et la facilitation de l’accès à des technologies avancées en Algérie », a-t-il dit.
Concrètement, les institutions et les universités algériennes peuvent bénéficier de l’expertise des scientifiques algériens de l’étranger à travers l’organisation de programmes de formation, d’ateliers ou des partenariats avec des scientifiques expatriés, estime le Dr. Chenna.
« Des programmes de recherche conjoints entre les universités algériennes et des universités d’autres pays peuvent accélérer l’adoption de technologies et de méthodologies avancées. La participation des chercheurs algériens à des conférences internationales est également précieuse pour établir des collaborations et apprendre de nouvelles approches », ajoute-t-il.
Le Dr. Chenna pense également que l’Algérie pourrait investir dans des laboratoires modernes et des pôles d’innovation avec l’appui des scientifiques algériens installés à l’étranger au fait des tendances mondiales et des secteurs émergents.
« Les scientifiques expatriés peuvent encadrer les chercheurs algériens vivant en Algérie en partageant leur expertise pour obtenir des financements, publier des recherches et transformer les découvertes scientifiques en solutions concrètes », poursuit-il.
La communauté scientifique algérienne vivant à l’étranger « n’est pas seulement une source de fierté, elle est aussi une passerelle potentielle pour encourager le transfert de technologies et les opportunités d’investissement en Algérie », a-t-il ajouté.
Concernant les domaines dans lesquels il est préconisé d’investir prioritairement, le Dr. Chenna citera, entre autres, ceux des énergies renouvelables, de l’innovation agricole, de la santé et la biotechnologie, ou encore de l’intelligence artificielle et des sciences des données.
Dr. Ahmed Chenna est un scientifique de renommée mondiale. Il a mené des travaux qui ont eu un impact sur l’amélioration des techniques de diagnostic pour les maladies neurodégénératives et oncologiques. Son travail consiste à détecter les risques de certaines maladies en se basant sur l’ADN et les protéines.
Il travaille actuellement sur la maladie d’Alzheimer et la sclérose latérale amyotrophique (SLA).
Il a également joué un rôle clé dans l’avancement de la recherche sur les biomarqueurs (caractéristiques biologiques) du COVID-19.
M.Z
