Lors d’une journée d’étude et de mise en pratique consacrée au pied diabétique, organisée mardi à Constantine, les participants ont insisté sur la nécessité d’un dépistage précoce pour prévenir les complications graves et protéger la santé des personnes diabétiques. Les intervenants ont rappelé que l’examen régulier des pieds et la détection anticipée des premiers signes d’infection ou d’ulcération constituent des étapes fondamentales permettant d’éviter des issues lourdes, telles que la chirurgie ou l’amputation partielle voire totale du pied.
Face à la hausse préoccupante des amputations liées aux complications du pied diabétique et à la pression croissante sur les services de médecine interne, la direction locale de la santé a mis en place une coordination spécialisée. Selon la directrice de la santé et de la population de la wilaya, le Dr Lynda Boubeguira, cette structure, inaugurée lors de l’ouverture de la journée d’étude à l’Établissement public de santé de proximité Mentouri Bachir, vise à organiser un parcours de prise en charge clair et structuré. Elle a précisé que cette démarche permettra non seulement de réduire les amputations, mais aussi d’améliorer la qualité des soins, grâce notamment à une formation continue destinée aux équipes médicales et paramédicales.
La responsable a également annoncé l’installation de dix points dédiés à travers différentes structures sanitaires de la wilaya afin de rapprocher les services des citoyens et de renforcer la réactivité en matière de dépistage et de prise en charge. De son côté, le Dr Yacine Kitouni, chef du service de médecine interne au CHU Ibn Badis et membre de la coordination, a souligné que les travaux de cette commission reposent en grande partie sur la télémédecine. L’usage d’outils numériques permet d’analyser rapidement les cas complexes et de réduire les délais d’attente. Il a ajouté que la stratégie mise en place dans la wilaya repose sur un ensemble de mesures : prévention renforcée, dépistage systématique, éducation thérapeutique et suivi régulier des indicateurs, avec pour objectif d’éliminer totalement les amputations d’ici 2030.
Les organisateurs ont également appelé à multiplier les actions de sensibilisation dans les structures de santé tout en impliquant davantage la société civile. Ils ont rappelé que la majorité des complications peuvent être évitées grâce à un suivi rigoureux et à un diagnostic rapide. La journée a été enrichie par des présentations médicales et pratiques consacrées aux méthodes de prévention, à l’importance du contrôle régulier et au rôle de la nouvelle coordination dans le renforcement de la collaboration entre les différents acteurs engagés dans la prise en charge des patients.
S.S
