L’Afrique sera le continent où la demande en produits de la pêche croîtra le plus rapidement au cours des dix (10) prochaines années, selon un rapport conjoint de l’OCDE et de la FAO publié en ce mois de juillet 2025. La consommation devrait y progresser de 24 % entre 2025 et 2034, soit près du double de la moyenne mondiale (+13 %)
Par Yakout Abina
Le continent africain est en passe de connaître une profonde mutation dans sa consommation de produits de la mer. D’après les Perspectives agricoles publiées à la mi-juillet par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la consommation apparente totale sur le continent devrait enregistrer une progression spectaculaire de 24 % sur la période 2025-2034. Ce taux de croissance dépasse largement la moyenne mondiale, estimée à 13 %, marquant une nette accélération par rapport à la décennie précédente, où la hausse africaine s’était déjà établie à 20 %.
Avec une consommation actuelle d’environ 10 kg de poisson par habitant et par an, l’Afrique reste encore bien en deçà de la moyenne mondiale, qui atteint 21 kg par personne. Toutefois, cette situation devrait connaître une évolution notable au cours de la prochaine décennie, portée par plusieurs facteurs convergents : la croissance démographique soutenue, l’amélioration du pouvoir d’achat et une demande accrue en protéines animales liées à des besoins nutritionnels croissants.
Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest comme la Gambie, le Ghana, le Sénégal ou encore la Sierra Leone, le poisson représente déjà plus de 50 % de l’apport en protéines animales, un chiffre nettement supérieur à la moyenne mondiale de 20 %.
Face à une demande en nette augmentation, l’offre devra nécessairement s’adapter. Le rapport souligne que le continent pourra miser sur l’essor de son secteur aquacole pour accompagner cette dynamique, bien que la pêche de capture devrait rester la principale source d’approvisionnement en produits halieutiques.
Selon les projections, l’Afrique verra sa production augmenter de plus de 46 % d’ici 2034, soit plus du double de la moyenne mondiale (20 %). Cette croissance sera essentiellement portée par deux pays : l’Égypte et le Nigeria, qui dominent le secteur aquacole à l’échelle continentale.
Cependant, malgré cette progression notable, la part de l’Afrique dans la production mondiale restera relativement modeste, ne représentant que 3 % du total global. Elle devrait atteindre 3,6 millions de tonnes sur un volume mondial estimé à 117,6 millions de tonnes.
Y.A
