Une série de recommandations pour la relance de l’industrie cinématographique a été formulée à l’issue des ateliers organisés dans le cadre des assises nationales sur le cinéma.
Par Malika Azeb
Ces assises, qui se sont tenues les 19 et 20 janvier au Centre international des conférences (CIC), ont réuni divers acteurs du secteur. Les participants ont appelé à la mise en place d’un système destiné à améliorer les dispositifs de financement durable. Parmi les propositions phares figurent le renforcement du budget du Fonds national de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographiques (FDATIC), la mise à jour du cadre réglementaire, l’accélération de la numérisation, la modernisation des infrastructures, la formation des professionnels, ainsi que la préservation des archives du cinéma.
Modernisation et infrastructures
Les ateliers ont également recommandé le renforcement des infrastructures de projection pour rétablir le lien entre le cinéma et le public, notamment par la modernisation des salles de cinéma. Les participants ont plaidé pour le développement des ciné-clubs et des festivals locaux, tout en encourageant les investisseurs et producteurs par des mesures incitatives, telles que des exonérations fiscales sur une période de dix ans et la réduction des taxes sur l’importation d’équipements cinématographiques.
Un appel a été lancé en faveur d’une plus grande implication des chaînes de télévision dans le développement du cinéma. Il s’agit notamment de promouvoir le préachat d’œuvres cinématographiques ou d’encourager leur coproduction.
L’atelier consacré à la numérisation et à la préservation du patrimoine cinématographique a conclu à l’importance d’inventorier et de documenter les archives du cinéma algérien. Il a été recommandé d’élaborer une feuille de route pour la numérisation des fonds documentaires et de créer des plateformes numériques pour la diffusion et la distribution des produits cinématographiques.
Les participants ont insisté sur la coopération avec des organismes nationaux et internationaux détenteurs d’archives cinématographiques algériennes. Ils ont également proposé de doter le Centre algérien du cinéma (Cinémathèque) d’un laboratoire spécialisé, tout en renforçant les établissements en charge des archives grâce à du personnel qualifié et des moyens techniques et financiers adaptés.
Concernant l’atelier intitulé « Le public et la diffusion des œuvres cinématographiques », il a été suggéré de supprimer le visa culturel pour les films projetés dans le cadre des ciné-clubs affiliés au ministère de la Culture et des Arts. Par ailleurs, des procédures juridiques simplifiées pour la création de ciné-clubs et leur soutien logistique et matériel ont été proposées.
Dans l’atelier « Gouvernance et cadre réglementaire du cinéma », les discussions ont porté sur l’importance d’améliorer le cadre juridique pour instaurer une gouvernance claire et moderne. Les participants ont recommandé la création d’un organisme chargé du suivi des politiques publiques liées au cinéma et l’application stricte des lois relatives à l’industrie cinématographique.
Lors de la clôture des assises, le ministre de la Culture et des Arts, M. Zoheir Bellalou, a rappelé que le cinéma est une industrie collective qui nécessite des efforts concertés pour progresser. Il a souligné que ces assises constituent un espace d’échange et d’écoute entre cinéastes, techniciens, experts et partenaires.
Le ministre a également salué la prise de conscience commune des défis auxquels le cinéma algérien est confronté, tout en affirmant l’engagement de son département à concrétiser les recommandations formulées lors des assises. Il a précisé que ces travaux s’inscrivent dans une vision globale visant à moderniser et à rendre compétitive l’industrie cinématographique algérienne grâce à la collaboration de tous les acteurs du secteur.
Enfin, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé l’intérêt de l’État pour la culture et le secteur audiovisuel. Il s’est engagé à répondre aux attentes des créateurs et des intellectuels pour que le cinéma algérien retrouve son prestige d’antan, tout en appelant la jeune génération à s’inspirer de l’héritage des pionniers du 7e art des années 1970.
M.A
