
Un homme a été tué hier, samedi, en Nouvelle-Calédonie dans un échange de coups de feu sur un barrage, ce qui porte à six le nombre de morts depuis le début des émeutes dans ce territoire “loin d’un retour à l’apaisement” selon la maire de sa “capitale”, Nouméa. Selon des sources proches du dossier, un Caldoche (Calédonien d’origine européenne) a été tué et son fils blessé lors d’un échange de tirs samedi vers 14h30 (5h30 à Paris) sur un barrage tenu par des indépendantistes à Kaala-Gomen, dans la province Nord. Un troisième homme, un Kanak (autochtone), a été blessé. Depuis le début de la semaine, les violences insurrectionnelles, causées par une réforme électorale qui a provoqué la colère des indépendantistes, ont fait six morts dont deux gendarmes et quatre civils (trois Kanak et un Caldoche), et des centaines de blessés, selon les autorités.”Aujourd’hui l’Etat de droit, la sécurité des citoyens, (ne sont) pas rétablis partout en Calédonie”, a averti hier, samedi, Philippe Blaise, vice-président de la province Sud de la Nouvelle-Calédonie. La maire de Nouméa, Sonia Lagarde, a estimé, pour sa part, que la situation était “loin d’un retour à l’apaisement”, malgré deux nuits “plus calmes” entre jeudi et samedi. Le couvre-feu décrété mardi reste en vigueur. Le ministre de la Justice a publié vendredi une circulaire demandant au parquet “la plus grande fermeté à l’encontre des auteurs des exactions”. Au total, depuis dimanche dernier, 163 personnes ont été placées en garde à vue, dont 26 ont été présentées devant la justice, selon le parquet. Dans toute la Nouvelle-Calédonie, le réseau social TikTok, utilisé par les émeutiers, est banni jusqu’à nouvel ordre. La réforme constitutionnelle qui a mis le feu à poudres vise à élargir le corps électoral aux scrutins provinciaux de Nouvelle-Calédonie, au risque de marginaliser “encore plus le peuple autochtone kanak”, selon les indépendantistes. Elle a été adoptée par les députés, après les sénateurs, dans la nuit de mardi à mercredi, derniers.
RI (APS)
