Une offensive terrestre de l’armée sioniste à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, entraînerait “un massacre de civils”, ont déclaré hier, vendredi, des représentants du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Par Tinhinane Ait Afrah
Le Premier ministre de l’entité sioniste a déclaré avoir donné son feu vert à une offensive sur Rafah. Cette ville proche de la frontière égyptienne abrite près d’un million de civils déplacés qui survivent dans des campements de fortune.”Ce serait un massacre de civils et un coup inouï porté à l’aide humanitaire dans la bande (de Ghaza) car elle provient principalement de Rafah”, a souligné Jens Laerke, porte-parole du Bureau des affaires humanitaires, lors d’un point de presse à Genève. Pour Rik Peeperkorn, représentant de l’OMS pour les territoires palestiniens, les garanties promises par l’entité sioniste ne suffiront pas à éviter un bain de sang.”Je tiens à dire que ce plan (garanties de protection des civiles) n’est qu’un ‘pansement'”, a-t-il déclaré en visioconférence. “Il n’empêchera absolument pas une hausse substantielle de la mortalité et de la morbidité causées par l’opération militaire.”D’autres préparatifs incluent le prépositionnement de fournitures médicales dans les hôpitaux plus au nord au cas où les trois hôpitaux de Rafah ne fonctionneraient plus, comme cela s’est produit à plusieurs reprises au cours des sept mois d’agression sioniste en raison des raids et des bombardements.Les données de l’OMS montrent que seulement un tiers des 36 hôpitaux d’avant-guerre de la bande de Ghaza sont partiellement opérationnels. Peeperkorn a ajouté qu’il était « extrêmement préoccupé » par le fait que toute incursion fermerait le passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte, qui est actuellement utilisé pour importer des fournitures médicales.”Nous insistons et faisons pression pour que, quoi qu’il arrive, cela reste ouvert”, a-t-il ajouté, affirmant que l’OMS avait soulevé cette question auprès des autorités israéliennes.Les bombardements de l’armée sioniste ont encore fait des victimes ces dernières heures, notamment à Rafah, où six corps ont été récupérés après une frappe aérienne la nuit sur une maison de la famille Al-Chahine dans le quartier d’Al-Zahur, selon la Défense civile et les secouristes.Par ailleurs, des centaines de Ghazaouis ont été arrêtés par l’armée sioniste en près de sept mois de guerre. Deux prisonniers palestiniens de Ghaza, dont un médecin de l’hôpital al-Chifa de Ghaza, sont morts dans les prisons de l’occupation sioniste, ont indiqué jeudi deux associations palestiniennes de défense des droits des détenus, affirmant qu’ils ont succombé à “des tortures” et à l’absence de soins.Dans un communiqué commun, le Club des prisonniers et le Comité des affaires des prisonniers palestiniens, ont annoncé la mort “de deux détenus de Ghaza”, dont “le Dr Adnane Ahmed Atiya al-Bourch, 50 ans (…) chef du département d’Orthopédie de l’hôpital al-Chifa”. L’autre détenu décédé est Abdel Bari RajabKhadir, 33 ans. Tous deux sont morts “des suites de tortures et de crimes médicaux dont sont victimes les détenus de Ghaza”, affirment les associations, en référence au manque de soins régulièrement dénoncé par les défenseurs des droits humains notamment palestiniens.Le ministère palestinien de la santé a condamné “le meurtre (…) sous la torture” du Dr Bourch, affirmant que son décès portait à 492 le nombre de membres du personnel médical tués depuis le début de l’agression sioniste contre la population palestinienne de Ghaza, déclenchée le 7 octobre dernier.Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a atteint 34.622 martyrs et 77.867 blessés, depuis le 7 octobre dernier, ont indiqué hier, vendredi, les autorités palestiniennes de la Santé. Selon la même source, l’armée d’occupation sioniste a commis 3 massacres au cours des dernières 24 heures dans la bande de Ghaza, faisant 26 martyrs et 51 blessés. Un précédent bilan a fait état de 34.596 martyrs et 77.816 blessés. Les autorités palestiniennes de la Santé ont également indiqué qu’un certain nombre de victimes palestiniennes se trouvaient encore sous les décombres et sur les routes, et que les forces de l’occupation empêchent les ambulances et les équipes de la Protection civile de leur porter secours. Depuis le 7 octobre 2023, l’armée sioniste mène une agression sauvage contre l’enclave palestinienne qui a entraîné des destructions massives d’infrastructures, en plus d’une catastrophe humanitaire sans précédent.Outre le lourd bilan humain, la reconstruction devrait coûter de 30 à 40 milliards de dollars (de 28 à 37 milliards d’euros), a estimé jeudi le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).”L’ampleur des destructions est énorme et sans précédent (…). C’est une mission à laquelle la communauté internationale n’a pas été confrontée depuis la Seconde Guerre mondiale”, a déclaré le directeur du bureau régional pour les Etats arabes du PNUD, Abdallah al-Dardari.
T.A.A
