Wall Street était attendue en repli hier, mercredi, et les Bourses européennes reculaient à mi-séance, l’annonce de nouveaux objectifs russes en Ukraine pesant sur la tendance et prenant le pas sur l’apaisement des craintes sur l’approvisionnement en gaz russe en Europe et les solides résultats de grandes entreprises.
Par Abdellali Kendoussi
Les futures sur indices new-yorkais signalaient une ouverture de Wall Street en baisse de 0,22% pour le Dow Jones, de 0,13% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,03% pour le Nasdaq À Paris, le CAC 40 baissait de 0,26% à 6.185,11 vers 11h20 GMT. À Francfort, le Dax cédait 0,33% et à Londres, le FTSE abandonnait 0,21%. A Milan, l’indice MIB reculait de 0,6% sur fond de crise politique en Italie. L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 perdait 0,18%, l’EuroStoxx 50 de la zone euro 0,34% et le Stoxx 600 0,14%. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré hier, mercredi, que les objectifs territoriaux de la Russie en Ukraine ne se limitaient plus à la région orientale du Donbass, selon l’agence de presse russe RIA Novosti. Cette annonce a fait basculer les marchés d’actions dans le rouge, alors qu’ils continuaient de profiter en matinée d’une information de Reuters selon laquelle les livraisons de gaz russe passant par le gazoduc Nord Stream 1 devraient reprendre aujourd’hui, jeudi, comme prévu au terme des opérations de maintenance annuelle. L’Union européenne a par ailleurs proposé à ses membres de réduire leur consommation de gaz de 15% jusqu’en mars. Avant les déclarations russes, la situation politique en Italie, où le président du Conseil Mario Draghi, démissionnaire, a dit hier, mercredi, être prêt à rester à son poste si les partis de sa coalition le soutiennent, et l’attente des décisions de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi (aujourd’hui. Ndlr) limitaient toutefois les gains. Côté résultats d’entreprises, selon les données de Refinitiv, les bénéfices du deuxième trimestre des sociétés du Stoxx 600 devraient progresser en moyenne de 22,1% sur un an et, parmi les groupes ayant déjà publié leurs comptes, 58% ont dépassé les attentes. Aux Etats-Unis, les analystes tablent sur une hausse de 5,8% des bénéfices des sociétés du S&P-500, selon les données de Refinitiv. À Wall Street, Netflix bondit de 7,9% dans les échanges en avant-Bourse, le groupe tablant sur un redressement du nombre d’abonnés sur sa plate-forme de streaming sur le trimestre en cours après la perte de 970.000 clients sur la période avril-juin. Pour les valeurs en Europe, sur le Stoxx 600 paneuropéen, les nouvelles technologies (+0,52%), les ressources de base (+0,26%) et l’énergie (+0,46%) figuraient parmi les plus fortes progressions, tandis que l’automobile (-1,34%) accusait la plus forte baisse. Dans les valeurs individuelles, sur le CAC 40, Carrefour avançait de 1,65% à la faveur de l’annonce de la cession de sa filiale taïwanaise, tandis que Publicis prenait 1,03%, dans le sillage des résultats trimestriels meilleurs que prévu d’Omnicom. Ailleurs en Europe, Uniper a bondit de 13,65%, des sources ayant déclaré que le groupe pourrait être autorisé à répercuter une partie de la hausse des coûts du gaz sur ses clients, selon les termes d’un plan de sauvetage en cours de négociation avec le gouvernement allemand. En baisse, les prévisions de Volvo Cars (-5,61%) sont sanctionnées. Pour les taux, les rendements obligataires européens refluaient hier, mercredi, celui du Bund allemand à dix ans s’affichait à 1,203% (-7,3 points de base) après un pic d’une semaine mardi à 1,31% et son équivalent français de même échéance abandonnait environ six points à 1,776%. Le taux du BTP italien à dix ans chutait davantage, de 11,5 points de base à 3,31%, alors que le président du Conseil, Mario Draghi, devait affronter un vote de confiance dont le résultat était attendu vers 17h30 GMT. Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans fléchissait d’environ cinq points à 2,9652%. Sur le marché des changes, le dollar gagnait 0,18% face à un panier de devises internationales en réaction aux nouvelles déclarations sur l’Ukraine du chef de la diplomatie russe. L’euro reculait de 0,16% à 1,0208 dollar, cédant tous ses gains liés à l’espoir que l’Europe puisse éviter une pénurie majeure de gaz et à la possibilité d’une hausse des taux de la BCE plus importante que prévu aujourd’hui, jeudi. Concernant le pétrole, les cours étaient affectés par les initiatives des banques centrales mondiales visant à freiner l’inflation et par des signes de faiblesse de la demande alors que l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) devait faire état à 15h30 GMT d’une hausse des stocks de brut la semaine dernière aux Etats-Unis. Le baril de Brent cédait 1,67% à 105,56 dollars le baril et celui du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,43% à 102,73 dollars.
A.K
