Sommet du G7 / Sur fond de divisions croissantes

 

 

Du 15 au 17 juin, les chefs d’Etat et de gouvernement du Groupe des Sept (G7) se retrouveront dans la cité française d’Evian. Cette rencontre intervient alors que les hostilités en Ukraine et au Proche-Orient renforcent l’instabilité économique à l’échelle planétaire, et que les frictions entre Washington et ses partenaires européens font l’objet d’une attention particulière au moment où débute le sommet.

Cette rencontre rassemblera les responsables britannique, canadien, français, allemand, italien, japonais et américain, de même que ceux de l’Union européenne (UE), pour échanger sur les manières de répondre à un contexte mondial que Paris qualifie de toujours plus instable.

Vendredi, le ministère français des Affaires étrangères a dévoilé plusieurs axes majeurs pour cette rencontre, parmi lesquels figurent la promotion d’une expansion économique équilibrée et pérenne, l’approfondissement de la coopération à l’échelle internationale, ainsi que la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minéraux stratégiques. Des discussions porteront aussi sur les crises d’ordre géopolitique.

Paris a placé la lutte contre les déséquilibres économiques planétaires au cœur de sa présidence du G7. Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron a estimé que ces déséquilibres avaient atteint un niveau jamais vu depuis la crise financière de 2007-2008, et qu’ils pourraient nourrir le protectionnisme ainsi qu’une instabilité économique et géopolitique étendue.

Les enjeux géopolitiques figureront eux aussi en bonne place dans le programme de la rencontre. D’après le ministère français des Affaires étrangères, les dirigeants partageront leurs analyses sur la crise en Ukraine ainsi que sur la situation au Proche-Orient, en particulier les enjeux liés au détroit d’Ormuz.

S’agissant de la crise ukrainienne, l’enjeu consiste à “bâtir de la convergence” afin de poursuivre le soutien à l’Ukraine pour aboutir à une paix offrant “toute clarté à l’Ukraine et à l’Europe sur leur sécurité à l’avenir”, selon le ministère français des Affaires étrangères.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky prendra part mardi à une session de la rencontre. Une éventuelle entrevue avec le président américain Donald Trump, dont l’arrivée à Evian est prévue lundi soir, demeure incertaine.

Les responsables égyptien, saoudien, qatari et émirati ont été conviés à prendre part mardi à une session distincte de la rencontre, destinée à aborder le conflit opposant les Etats-Unis, Israël et l’Iran, a précisé M. Macron.

Cette session abordera la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a “un vrai impact sur nos économies”, de même que les négociations relatives à l’Iran, a complété M. Macron.

Malgré les démarches diplomatiques en cours concernant les dossiers régionaux, les désaccords internes au G7 retiennent l’attention à l’approche de la rencontre.

Une déclaration commune pourrait ne pas voir le jour à l’issue de la rencontre, dans un climat de tensions renforcées entre les Etats-Unis et leurs partenaires européens, notamment sur la situation au Proche-Orient, a rapporté mercredi l’agence japonaise Kyodo, citant des sources diplomatiques.

Si tel était le cas, il s’agirait de la deuxième année de suite sans texte commun, après la rencontre de l’an dernier au Canada.

“Que Trump joue le jeu, c’est déjà un succès” pour le G7 sous présidence française, a confié une source informée au quotidien français Le Parisien.

Heidi Crebo-Rediker, chercheuse au Council on Foreign Relations, a écrit dans un article récent qu’à son arrivée à Evian, M. Trump pourrait adopter une posture plus ferme et se servir de la tribune du G7 pour manifester son mécontentement face à ce qu’il perçoit comme un appui insuffisant de ses partenaires après les perturbations liées au détroit d’Ormuz. Elle a souligné que de fortes divergences subsistaient entre les membres du G7 et pourraient ressurgir lors des échanges en marge de la rencontre.

Selon une enquête publiée mercredi par le Conseil européen des relations internationales, seulement 11% des Européens perçoivent aujourd’hui les Etats-Unis comme un allié, contre 16% il y a six mois et 22% en novembre 2024.

 

KAD

 

 

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