Au Soudan, le conflit qui dure depuis plus de vingt-quatre mois a forcé près de 17 millions d’enfants à abandonner leurs études. Avec des lieux d’apprentissage détruits, des foyers déplacés et une situation financière qui s’effondre, l’avenir scolaire d’une génération entière est menacé.
À Omdourman, le silence est devenu la norme sur ses avenues désertes, autrefois animées par les éclats de rire des enfants se rendant à l’école. Le conflit qui déchire le Soudan depuis plus de deux ans empêche désormais toute une génération de s’exprimer et de s’instruire. « Une situation très préoccupante », selon Mohamed Nour El-Daim, ministre d’État aux Finances, alors que près de 17 millions d’élèves sont privés d’école, pris au piège entre les violences et la pauvreté.
Les dernières statistiques de l’UNICEF, datant de février 2025, font état de plus de 16,5 millions d’enfants non scolarisés. Ce chiffre place le Soudan dans une situation parmi les plus alarmantes au monde. Avant l’escalade des combats, sept millions d’enfants étaient déjà déscolarisés. Aujourd’hui, de nombreux établissements sont réquisitionnés comme bases militaires ou abris pour personnes déplacées, rendant toute reprise des cours impossible.
À Khartoum et au Darfour, des enseignants signalent la destruction de plusieurs écoles. Au Tchad voisin, une directrice d’établissement témoigne que ses salles de classe servent désormais de refuges temporaires. Les familles déplacées rencontrent d’importantes difficultés pour scolariser leurs enfants ; dans certaines zones, le nombre d’élèves dépasse trois fois la capacité d’accueil.
La dégradation économique aggrave encore la situation. De nombreux parents, privés de ressources, se voient contraints de faire travailler leurs enfants pour subvenir aux besoins du foyer. Malgré cela, des ONG s’efforcent de maintenir un accès à l’éducation grâce à des cours temporaires ou en ligne.
Face à cette crise, le Soudan risque de sacrifier toute une partie de sa jeunesse, privée d’éducation et d’avenir. Diverses actions sont mises en œuvre pour réhabiliter les écoles et garantir à chaque enfant un accès à l’apprentissage, étape indispensable pour reconstruire un avenir meilleur.
C.S
