Un colloque national tenu les 15 et 16 septembre à la maison de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa, a rassemblé lundi dernier des chercheurs et des spécialistes en archéologie et en histoire afin de discuter des défis et des perspectives de la recherche archéologique dans la région des Aurès, riche en sites préhistoriques et antiques.
Par Yakout Abina
Des experts en archéologie et en histoire, ont lancé un appel lundi dernier, à Batna pour une intensification des fouilles dans la région des Aurès. Réunis lors d’un colloque national sur le patrimoine archéologique tenu les 15 et 16 septembre à la Maison de la culture Mohamed-Laïd Al Khalifa, les chercheurs soulignent l’importance de mieux comprendre l’urbanisation et l’évolution des civilisations qui ont façonné cette région montagneuse.
Lors de ce colloque, les intervenants qui se sont succédé à la tribune ont souligné la nécessité de déterminer les différents vestiges archéologiques et de mieux comprendre les aspects architecturaux, sociaux et économiques des populations locales, depuis la préhistoire jusqu’à l’époque pré-romaine.
Selon le Dr Zahir Bekhouche, spécialiste en archéologie à l’université de Guelma et président du comité scientifique du colloque, cette manifestation scientifique a pour objectif d’explorer de nouvelles approches méthodologiques pour la réhabilitation et la valorisation du patrimoine archéologique et préhistorique des Aurès, en se focalisant dans cette première édition sur le mausolée royal numide d’Imedghassen. Un site archéologique d’une importance capitale. Situé dans la commune de Boumia, ce monument est reconnu par la communauté scientifique comme étant la plus ancienne sépulture monumentale d’Afrique du Nord. D’après le même archéologue cette rencontre, marquerait le début d’une série de manifestations futures axées sur ce sujet.
Selon le directeur du musée de Timgad, également responsable des sites de Tobna, Imedghassen et Zana El Beida, Chafik Bougherara, a plaidé en faveur d’une sensibilisation sur l’importance d’étudier les vestiges et les monuments de la période protohistorique dans les Aurès. Il a également appelé les chercheurs en histoire, en archéologie et en anthropologie à élargir leur coopération afin de mieux diriger la recherche multidisciplinaire vers ce domaine.
Le colloque vise également, selon le même intervenant, qui est chercheur en archéologie, à favoriser la coopération entre les différentes institutions dont le but est de concrétiser des conventions de partenariat avec des laboratoires et des centres de recherche, aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. L’événement a également pour objectif de moderniser les techniques de recensement et de documentation des sites archéologiques, en mettant à jour les méthodes utilisées pour inventorier et documenter les monuments protohistoriques qui remontent à l’aube de l’histoire. Cette modernisation est cruciale pour protéger ces sites et permettre leur classement officiel, assurant ainsi leur préservation à long terme.
Des spécialistes et des chercheurs en histoire et en archéologie, venus de plusieurs universités du pays, participent à cette manifestation scientifique de grande envergure, organisée par le bureau de Batna de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés. Participe également à cet événement la direction de la culture et des arts et le commissariat du festival culturel international du film d’Imedghassen, en coordination avec le laboratoire « Dialogue des civilisations et mondialisation » de l’université Hadj-Lakhdar.
Y.A
