Cinq personnes résidant à Harlem, à New York, sont décédées et quatorze autres ont été hospitalisées après avoir contracté la légionellose, une infection respiratoire grave provoquée par une bactérie généralement liée à des systèmes de climatisation mal entretenus. L’épidémie a déjà touché plus de cent habitants du quartier, soulignant une nouvelle fois l’importance de l’entretien rigoureux des infrastructures. Ce problème dépasse largement les frontières des États-Unis et concerne de nombreuses régions à travers le monde.
Par Chaimaa Sadou
Les autorités sanitaires new-yorkaises ont confirmé que cinq personnes avaient perdu la vie à Harlem, au nord de Manhattan, et que quatorze malades étaient encore hospitalisés. Au total, 108 cas de légionellose ont été recensés dans la région. Les enquêtes ont révélé que la contamination pourrait provenir de tours de refroidissement intégrées aux systèmes de climatisation, où la bactérie Legionella a été détectée.
Cette bactérie se développe dans des eaux stagnantes et peut se propager dans l’air sous forme de microgouttelettes, dangereuses lorsqu’elles sont inhalées. Contrairement à des infections telles que la grippe ou le Covid-19, elle ne se transmet pas directement entre individus. Toutefois, elle peut causer une pneumonie sévère, avec un taux de mortalité avoisinant 9 %, en particulier chez les personnes âgées ou vulnérables.
Le département de la Santé de l’État de New York recommande vivement aux propriétaires d’immeubles de procéder à l’entretien et à la désinfection régulière de leurs installations de climatisation. Le non-respect de ces consignes favorise la prolifération de microbes et le développement rapide d’épidémies.
Ce type de situation n’est pas inédit. En 2015, une épidémie similaire avait frappé New York, principalement dans le Bronx, causant douze décès. En France, des cas isolés apparaissent régulièrement dans des hôtels, hôpitaux ou résidences de loisirs où les installations d’eau ou de climatisation sont mal entretenues. En Espagne, la région de Murcie avait connu en 2001 l’un des épisodes les plus graves, avec plus de 700 personnes contaminées.
Si la climatisation procure un confort précieux en période de chaleur, elle peut également avoir des effets néfastes sur la santé lorsqu’elle est négligée. En plus du risque de légionellose, un mauvais entretien peut entraîner des irritations des voies respiratoires ou favoriser la propagation de bactéries dangereuses.
Dans de nombreux pays, le danger ne vient pas seulement de la climatisation : les systèmes de chauffage et les installations de production d’eau chaude présentent eux aussi des risques. Le monoxyde de carbone, gaz inodore mais hautement toxique, peut s’échapper d’appareils défectueux ou mal ventilés, provoquant chaque année de graves intoxications, notamment en hiver. Ainsi, ce ne sont pas tant les températures extrêmes qui posent problème que les équipements mal entretenus censés les compenser.
Selon les experts, la meilleure façon de réduire ces risques reste la prévention. Un entretien régulier, une bonne circulation de l’air et des contrôles techniques fréquents sont essentiels pour limiter les dangers.
L’épidémie de Harlem rappelle avec force la nécessité de pratiques de base, comme l’entretien des systèmes de chauffage et de climatisation, afin de protéger des vies. Alors que les variations climatiques, entre canicules et vagues de froid, deviennent de plus en plus extrêmes, il est urgent de mieux comprendre les menaces invisibles de la pollution intérieure à l’échelle mondiale.
C.S
