
Après plusieurs mois de repli, les prix mondiaux de certaines denrées alimentaires repartent à la hausse. Selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’indice global des prix alimentaires a atteint 130,1 points en juillet 2025, soit une augmentation de 1,6 % par rapport à juin. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis février 2023.
Par Rihab Taleb
Cette reprise est principalement portée par la flambée des prix des huiles végétales et de la viande, deux catégories stratégiques dans le commerce alimentaire international.
L’indice des oléagineux a bondi de 7,1 % en un mois, atteignant son plus haut niveau depuis trois ans. Cette envolée s’explique par une demande soutenue en huile de palme, par la baisse des exportations d’huile de tournesol en provenance de la mer Noire, ainsi que par une forte demande de biocarburants à base d’huile de soja dans les Amériques.
La situation pourrait encore se tendre dans les mois à venir. Le 11 août, les autorités indonésiennes ont annoncé que les producteurs d’huile de palme devront augmenter leurs ventes sur le marché intérieur à un prix plafonné afin d’obtenir des permis d’exportation. Cette mesure pourrait réduire l’offre mondiale et accentuer la pression sur les prix.
L’indice des prix de la viande a, lui, progressé de 1,2 %, atteignant 127,3 points, un record historique. Cette hausse est alimentée par une forte demande à l’importation en Chine et aux États-Unis, ainsi que par la reprise des exportations de volaille par le Brésil, premier exportateur mondial, après une suspension due à une épidémie de grippe aviaire.
En revanche, les prix des céréales, des produits laitiers et du sucre ont enregistré de légères baisses : -0,8 % pour les céréales, -0,1 % pour les produits laitiers et -0,2 % pour le sucre.
Malgré cette reprise, l’indice reste nettement inférieur au pic de 160,2 points atteint en mars 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui avait fortement perturbé les marchés agricoles mondiaux.
Les analystes soulignent que l’évolution des prix des huiles végétales mérite une attention particulière. En effet, l’Indonésie, premier producteur mondial d’huile de palme, a confirmé le 11 août la mise en place de nouvelles règles : les producteurs devront désormais augmenter leurs ventes d’huile de cuisson sur le marché intérieur, à prix plafonné, pour obtenir des autorisations d’exportation. Cette décision pourrait réduire les volumes disponibles à l’international et exercer une pression supplémentaire sur les prix mondiaux.
R.T
