Hier, le forum d’El Moudjahid a invité M. Yazid Benmouhoub, directeur général de la Bourse d’Alger, à intervenir sur le thème : “Le rôle stratégique de la Bourse dans la diversification économique”. Il a répondu aux questions des journalistes et apporté des éclairages sur l’évolution du marché boursier en Algérie.
Par Ikram Haou
Dans son discours d’introduction, M. Benmouhoub a remercié ses hôtes et souligné l’importance de clarifier certains points relatifs à la Bourse. Il a indiqué que la Bourse d’Alger a connu une évolution notable ces dernières années, avec un marché dynamique qui a enregistré l’introduction de trois entreprises, dont deux banques publiques, pour l’année 2024-2025. L’introduction de la société CPA en 2024, pour un montant de 112 milliards de dinars, en est un exemple. En 2025, deux autres entreprises ont fait leur entrée en Bourse : la startup “Moustachir” et la Banque de Développement Local (BDL).
Le directeur général a également évoqué l’engagement des plus hautes autorités de l’État dans ce processus de modernisation et de diversification économique. Il a précisé que l’introduction de startups à la Bourse est un signe tangible du dynamisme du marché, soulignant que ces développements sont soutenus par des réformes ayant amélioré l’accès au marché financier. Il a donné l’exemple des ajustements apportés au budget du marché et des cours intégrés à différents niveaux. “Notre marché repose sur le capital, et les entreprises lèvent des fonds en émettant de nouvelles actions”, a-t-il ajouté.
Il a également parlé de la création du marché des PME, un secteur important pour la croissance économique du pays. Selon la loi n° 1-18 du 12 décembre 2001, une PME en Algérie est une entreprise produisant des biens ou des services, employant entre 1 et 250 personnes à plein temps, avec un chiffre d’affaires annuel ne dépassant pas 2 milliards de dinars. Ce marché, surnommé “marché de la croissance”, a permis à des startups de deux ans d’effectuer des levées de fonds à la Bourse d’Alger. Le ministre a exprimé son souhait que d’autres entreprises suivent cet exemple, notamment dans des secteurs diversifiés.
Par ailleurs, M. Benmouhoub a évoqué le marché de la dette, principalement dominé par les obligations du Trésor (OAT), qui représentent plus de 82 % des activités boursières en Algérie, pour un montant supérieur à 1 000 milliards de dinars. Il a également annoncé l’introduction prochaine de l’Arab Leasing Corporation (ALC) sur le marché obligataire.
Le directeur général a confirmé que cette dynamique boursière a attiré un intérêt croissant de la part des dirigeants d’entreprises, avec la préparation d’introductions en Bourse par des sociétés comme Hireight, une startup du secteur des technologies, et Pharma Invest, une entreprise pharmaceutique. Ces entreprises, engagées dans des projets innovants, sont en phase d’évaluation et se préparent à déposer leur demande de visa auprès de la Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (Cosobe).
M. Benmouhoub a également souligné que le modèle financier algérien est principalement dominé par le secteur bancaire, qui finance 80 % des besoins de l’économie nationale. Il a indiqué qu’en dépit de ce chiffre, le nombre d’entreprises cotées à la Bourse est encore insuffisant, avec seulement 38 sociétés cotées, alors que ce nombre aurait dû être plus élevé. Cependant, il reste optimiste et convaincu que de nombreuses autres entreprises, tant du Maghreb que d’Afrique, rejoindront la Bourse d’Alger à l’avenir.
Le directeur général a ensuite abordé la question de la digitalisation, un facteur clé pour le développement du marché boursier. Il a précisé qu’Algérie met en œuvre une stratégie de digitalisation du marché financier, avec la mise en place d’un nouveau système de cotation qui permettra aux investisseurs d’acheter et de vendre des actions directement en ligne. Cela facilitera l’accès au marché et accélérera les transactions.
Enfin, M. Benmouhoub a mis en avant l’importance des médias dans la transformation du marché boursier. Selon lui, les journalistes jouent un rôle crucial dans la diffusion des informations financières et la sensibilisation du public. Pour cette raison, la Bourse d’Alger a créé un club médiatique pour former les journalistes à l’investissement en Bourse. Il a salué toutes les transactions boursières, internes, externes ou conjointes, citant en exemple le partenariat algéro-turc, et soulignant que cette dynamique contribuera à la croissance économique du pays.
En conclusion, M. Benmouhoub a décrit la Bourse d’Alger comme un acteur majeur du financement de l’économie algérienne. Il a insisté sur la nécessité de pousser les entreprises à se lancer sur les marchés internationaux, car la qualité de ces entreprises constitue un gage de sécurité et de transparence, essentiel pour le développement économique.
I.H
