La conformité des entreprises et des unités industrielles algériennes aux normes environnementales représente une priorité de premier ordre pour les pouvoirs publics qui ont engagé ces dernières semaines des actions impliquant le ministère de l’Environnement mais aussi d’autres départements ministériels.
Par Mohamed Zahar
Cette priorité a été rappelée, jeudi dernier, par la ministre de l’Environnement et de la qualité de la vie, Nadjiba Djilali qui a réaffirmé la volonté des autorités algériennes de mettre en application, dans les meilleures conditions, la Stratégie Nationale de la Gestion Intégrée et de la Valorisation des Déchets à l’Horizon 2035 (SNGID 2035). Cette stratégie prévoit, entre autres actions, le développement du rôle du secteur privé pour une “participation publique/privée de l’ordre de 54 milliards de dinars dans l’effort du recyclage des déchets”, à l’horizon 2035, mais aussi l’implication des entreprises dans la dynamique de recyclage.
La ministre qui intervenait devant les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN), a évoqué la réduction de la production des déchets à la source en priorisant le tri sélectif en vue de recycler 30% des déchets ménagers, 30% des déchets spéciaux et 50% des déchets inertes.
Elle a signalé, dans ce contexte, que les entreprises industrielles polluantes étaient tenues de créer des stations d’épuration pour traiter leurs déchets avant de les déverser dans les cours d’eau. Deux unités industrielles de la région de la Soummam ont été fermées récemment pour avoir transgressé cette directive au moment où 33 autres ont été destinataires de mises en demeure, a-t-elle indiqué.
La semaine dernière, le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Industrie ont annoncé la future mise en place d’un mécanisme pour vérifier la conformité des unités industrielles se trouvant sur les rives de cours d’eau à El Harrach, de Semar et de Réghaia aux normes environnementales.
Selon un communiqué conjoint des deux ministères, “il a été convenu de mettre en place un mécanisme pour vérifier la conformité de ces établissements aux normes environnementales et contribuer ainsi à l’amélioration de la performance environnementale et à limiter la pollution industrielle, étant l’un des principaux engagements du président de la République, visant à accorder un plus grand intérêt à l’environnement et à œuvrer pour un véritable modèle du développement durable”.
Un groupe de travail a été créé en vue d’établir un partenariat à travers la création d’un groupe économique commun (GEO) visant à traiter l’amiante et à réduire ses risques environnementaux et sanitaires, ainsi qu’à développer des activités industrielles propres.
Ce groupe est composé d’établissements publics relevant des deux ministères.
Encourager la création de nouvelles entreprises pour développer l’économie circulaire
Le développement de l’économie circulaire, à travers la création d’entreprises spécialisées, notamment dans le recyclage des déchets figure également parmi les priorités du ministère de l’Environnement.
Ce dernier a d’ailleurs mis en place une cellule d’orientation afin d’accompagner les porteurs de projets liés, notamment au recyclage de déchets.
En février dernier, le ministère de l’Environnement a signé un mémorandum d’entente avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique visant à valoriser les produits de la recherche scientifique dans le domaine de l’environnement.
Concrètement, cet accord a pour objectif d’aider les étudiants à transformer leurs projets en micro-entreprises.
Lors de la cérémonie de signature, la ministre de l’Environnement a insisté sur l’importance de cette «coopération stratégique, à même de valoriser les produits de la recherche scientifique en matière de développement de l’environnement, et de permettre aux étudiants de transformer leurs projets innovants en micro-entreprises, en appui aux efforts nationaux, pour faire face aux défis environnementaux croissants, notamment à travers le renforcement des technologies propres ».
De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Kamel Baddari a indiqué que cette coopération entre les deux secteurs tendait à «renforcer le rôle économique de l’université et à raffermir sa relation avec son environnement socioéconomique, notamment concernant la protection de l’environnement».
De nombreuses startups algériennes spécialisées dans le recyclage des déchets ont prouvé leur professionnalisme. Certaines d’entre elles ont même obtenu une reconnaissance à l’échelle internationale à l’image de la startup “Nrecycli” qui a remporté, début mars, le prix “Youth Social Entrepreneurs Award” à Doha (Qatar).
Elle a été récompensée pour ses efforts dans le cadre d’un projet innovant de gestion des déchets plastiques en Algérie.
Cette distinction est octroyée par la fondation arabe “Mentor Arabia” qui soutient les initiatives des enfants et des jeunes du monde arabe notamment dans les domaines social, environnemental et éducatif.
M. Z
