Le 7ème Sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), qui aura lieu à Alger du 29 février au 2 mars, offrira une occasion de discuter des évolutions récentes dans le secteur énergétique mondial, particulièrement celles survenues en 2022 et 2023, selon l’expert russe en énergie, Igor Yushkov. Dans un entretien avec l’APS, Yushkov, qui est universitaire et analyste à la Fondation russe pour la sécurité énergétique, a mentionné que ce sommet en Algérie sera un moment clé pour examiner les tendances actuelles du marché gazier mondial, y compris les efforts des pays occidentaux vers la décarbonation et l’essor des énergies renouvelables. Il a souligné que l’un des sujets principaux du sommet concernera l’avenir de la demande de gaz face à l’intensification des politiques de décarbonation, surtout de la part de l’Union européenne, qui privilégie les énergies renouvelables pour réduire sa dépendance aux importations énergétiques. Cette orientation vers les renouvelables a, d’après Yushkov, un impact notable sur le marché global du gaz. Il a aussi évoqué le risque pour les entreprises exportatrices de gaz, qui ont investi massivement dans le développement de nouveaux champs gaziers et dans les infrastructures de transport, de ne pas parvenir à rentabiliser leurs investissements à cause d’une potentielle baisse de la demande et d’un surplus de l’offre pouvant entraîner une diminution des prix du gaz, du pétrole, et du charbon. Ces perspectives seront à l’ordre du jour du 7ème sommet, qui offre également une opportunité de revisiter les évolutions récentes du marché gazier entre 2022 et 2023, d’après l’expert mentionné. Il a souligné que l’industrie gazière mondiale fait face à un défi majeur d’instabilité, exacerbé par des pénuries d’approvisionnement et des hausses de prix dues à la crise ukrainienne. “Bien que le marché se stabilise actuellement, le potentiel de changements futurs reste, avec des risques de ruptures dans les approvisionnements pouvant provoquer de nouvelles augmentations de prix, notamment en Europe, et une croissance de la demande en Asie, en particulier en Chine,” a-t-il ajouté. Il a également noté qu’entre 2026 et 2030, l’entrée en fonction de nouvelles usines de GNL, notamment aux États-Unis, au Qatar et en Australie, augmentera l’offre sur le marché global et fera baisser les prix, ce qui pourrait réduire l’intérêt pour de nouveaux investissements gaziers à l’échelle mondiale, annonçant une éventuelle pénurie post-2030. Ces enjeux seront discutés lors du sommet du GECF à Alger, a précisé M. Igor. Bien que le GECF soit principalement consultatif, l’expert n’exclut pas la possibilité pour les membres de discuter à Alger d’initiatives conjointes pour stabiliser les marchés gaziers. Quant au rôle de l’Algérie dans ce contexte, M. Igor a mis en avant ses capacités substantielles et ses vastes possibilités de développement énergétique, en tant que fournisseur clé de l’Europe en énergie sous toutes ses formes, incluant gaz, pétrole, renouvelables et hydrogène. Il a également souligné que l’Algérie pourrait offrir à l’Europe une coopération étendue, notamment dans la production d’électricité via des centrales solaires et le développement de l’hydrogène.
A.K
