Tempêtes hivernales / Quand la neige menace la vie…

 

 

  New York sous cloche. Une tempête de neige historique paralyse la ville, forçant les autorités à décréter l’état d’urgence. Au-delà de ce chaos immédiat, le froid glacial relance une question fondamentale : peut-il, à lui seul, bouleverser la vie sur Terre comme il l’a fait par le passé ?

 

Par Chaimaa Sadou

 

La ville de New York s’est figée sous l’effet d’une tempête de neige d’une ampleur rare. Dimanche soir, les rues de la métropole américaine étaient déjà recouvertes d’un épais manteau blanc, tandis que les autorités annonçaient des mesures strictes pour faire face à une situation jugée exceptionnelle.

 

Lors d’une conférence de presse, le maire ZohranMamdani a averti que la ville n’avait pas connu de phénomène de cette intensité depuis plus d’une décennie. Jusqu’à 70 centimètres de neige étaient attendus, accompagnés de rafales atteignant 80 km/h. Face à ces prévisions, l’état d’urgence a été décrété et une interdiction de circuler est entrée en vigueur dimanche à 21 heures, jusqu’à lundi midi.

 

Cette mesure concerne la majorité des moyens de transport : voitures particulières, véhicules commerciaux et vélos électriques. Les transports en commun ont été fortement perturbés et des milliers de vols ont été annulés dans l’ensemble du nord-est des États-Unis. Des coupures de courant ont également touché plusieurs régions.

 

Selon les services météorologiques américains, près de 40 millions d’habitants étaient concernés par des alertes au blizzard. Un blizzard désigne une tempête de neige accompagnée de vents violents réduisant fortement la visibilité. Dans ces conditions, les risques d’accidents, d’hypothermie et d’isolement augmentent rapidement.

 

Le froid peut-il tuer ?

 

Un épisode de froid intense représente un danger réel pour l’être humain. L’exposition prolongée à des températures négatives peut provoquer l’hypothermie, un état dans lequel la température corporelle descend en dessous de 35 °C. Les fonctions vitales ralentissent, plongeant l’organisme dans un état dangereux. Chaque hiver, des décès sont enregistrés à la suite de vagues de froid, notamment chez les personnes âgées, sans-abri ou mal isolées.

 

Le froid peut également fragiliser les infrastructures : routes impraticables, réseaux électriques endommagés, approvisionnement ralenti. À grande échelle, une période de froid extrême peut affecter l’agriculture et l’élevage, mettant en péril des ressources alimentaires.

 

Le froid peut-il faire disparaître une espèce animale?

 

Dans l’histoire de la Terre, les variations climatiques ont joué un rôle majeur dans les extinctions. Les scientifiques estiment que les dinosaures ont disparu il y a environ 66 millions d’années, à la fin du Crétacé. La majorité des hypothèses actuelles évoquent l’impact d’un astéroïde qui aurait provoqué un bouleversement climatique mondial : obscurcissement du ciel, chute brutale des températures et perturbation durable des écosystèmes.

 

Le froid, associé à une pénurie alimentaire, a joué un rôle majeur dans l’extinction des dinosaures. Ce facteur, à lui seul, n’explique pourtant pas l’ampleur du désastre. Les extinctions massives résultent souvent d’un enchaînement de facteurs : changement climatique rapide, destruction des habitats et effondrement des chaînes alimentaires.

 

Le poids du gigantisme

 

Une vieille hypothèse voulait que les dinosaures aient disparu parce qu’ils étaient devenus “trop grands pour cette terre”. Le gigantisme aurait entraîné des contraintes insurmontables : difficultés à se déplacer, à se reproduire, ou tout simplement à trouver assez de nourriture. Certains parlaient même de “sénescence raciale”, comme si les dinosaures étaient arrivés en fin de course évolutive.

 

Les travaux récents invitent à la prudence. Les dinosaures ne montraient aucun signe de déclin avant l’impact de l’astéroïde. Ils prospéraient, diversifiés et adaptés à leur environnement. Le gigantisme n’était pas une “maladie” évolutive, mais une stratégie qui avait fait ses preuves pendant des millions d’années. C’est la soudaineté du cataclysme – et non une prétendue inadaptation chronique – qui a eu raison d’eux.

 

Pourquoi certaines espèces ont survécu ?

 

Une question demeure : si le froid a joué un rôle dans la disparition des dinosaures, pourquoi des animaux comme les tortues, les lézards ou certains reptiles ont-ils survécu ?

 

Plusieurs explications scientifiques sont avancées. D’abord, la taille et les besoins énergétiques. Les dinosaures, surtout les plus imposants, étaient de véritables grands consommateurs d’énergie. En période de pénurie prolongée, ces besoins deviennent difficiles à satisfaire. Les reptiles plus petits, comme les lézards, ont des besoins énergétiques moindres.

 

Ensuite, la capacité d’adaptation. Les tortues et certains reptiles peuvent ralentir fortement leur métabolisme. Cela signifie qu’ils consomment moins d’énergie. Résultat : ils peuvent survivre plus longtemps avec peu de ressources. Certaines espèces sont capables d’hiberner ou de s’enfouir dans le sol, ce qui les protège des variations brutales de température.

 

Enfin, les milieux de vie ont joué un rôle déterminant. Les espèces vivant dans l’eau douce ou capables de se réfugier dans des environnements protégés ont pu échapper aux conditions les plus extrêmes. La survie dépend donc souvent de la diversité des habitats et des stratégies d’adaptation.

 

Une leçon contemporaine

 

La tempête qui frappe New York rappelle que, malgré les progrès technologiques, les sociétés modernes restent vulnérables aux phénomènes climatiques. Les autorités américaines ont mobilisé d’importants moyens humains et matériels pour limiter les risques, preuve de la gravité de la situation.

 

Grâce à des données météorologiques fiables – hauteur de neige, force des rafales – les autorités locales et nationales ont pu mesurer l’ampleur du danger et organiser une réponse d’urgence adaptée.

 

À plus long terme, ces événements interrogent sur la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes. Si une tempête de neige ne signifie pas à elle seule un changement climatique global, la multiplication d’épisodes intenses pousse les scientifiques à analyser l’évolution des équilibres climatiques.

 

New York paralysée illustre avec force la puissance du froid lorsqu’il s’impose brutalement. À l’échelle humaine, il peut tuer et désorganiser une grande ville. À l’échelle de l’histoire de la Terre, des bouleversements climatiques majeurs ont contribué à l’extinction d’espèces animales entières. Face aux crises climatiques, l’adaptation s’impose comme la condition première de la survie, qu’il s’agisse des dinosaures d’hier ou des New-Yorkais d’aujourd’hui.

 

 

C.S

 

 

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