Face à la rareté des ressources en eau, accentuée par les changements climatiques et la hausse des besoins des citoyens, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la réalisation de stations de dessalement de l’eau de mer. Lors de son passage au forum de la radio algérienne lundi dernier, le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, a affirmé que l’Algérie relève le défi de la pénurie d’eau grâce à ces infrastructures. Il a notamment mentionné la mise en service récente de deux stations de dessalement : celle de Cap Blanc à Oran et celle de Fouka 2 à Tipasa.
Par Malika Azeb
Le ministre a également annoncé l’inauguration prochaine de trois nouvelles usines de dessalement, chacune ayant une capacité de 300 000 mètres cubes par jour. Initialement prévues pour 2028, ces stations, situées à Tighremt (Béjaïa), Cap Djinet (Boumerdès) et Koudiet Eddraouch (El Taref), seront opérationnelles dès 2027.
Selon Taha Derbal, l’exploitation complète de ces usines permettra de couvrir 42 % des besoins nationaux en eau potable. Actuellement, la dépendance à l’égard de cette ressource non conventionnelle est de 20 %, mais elle passera à 42 % avec l’entrée en service des cinq nouvelles installations. Cette stratégie vise à résorber le stress hydrique causé par le changement climatique et à répondre aux besoins croissants liés au développement économique et agricole.
Le dessalement de l’eau de mer approvisionnera principalement les villes côtières et celles situées à moins de 150 km du littoral. Cette ressource, insensible aux aléas climatiques, permettra de réserver les ressources hydriques conventionnelles (barrages, nappes phréatiques) aux secteurs agricole et industriel. Actuellement, le taux de remplissage des barrages à l’échelle nationale n’est que de 38,40 %.
Pour garantir la maintenance et la durabilité de ces infrastructures stratégiques, des filières spécialisées ont été créées dans les universités et instituts, en collaboration avec des opérateurs du secteur de l’hydraulique.
Concernant les stations de traitement des eaux usées, dont le taux d’exploitation actuel ne dépasse pas 10 %, le ministre a indiqué que des travaux sont en cours pour les équiper de systèmes de traitement tertiaire. Ces améliorations permettront d’atteindre un taux d’épuration maximal et de répondre aux besoins du secteur agricole. D’ici la fin de l’année, le taux d’exploitation de ces stations devrait atteindre 30 %.
En prévision du mois de Ramadan, M. Derbal a assuré que des mesures ont été prises pour répondre à la demande accrue en eau, notamment par l’ajustement des horaires de distribution et le pompage de quantités supplémentaires depuis les barrages.
Le ministre a également évoqué la situation critique du barrage Djorf Torba à Béchar, victime d’un drainage systématique par le Maroc, menaçant l’équilibre écologique et environnemental de la région. Pour y remédier, les autorités ont lancé le projet de transfert de Boussir 1, récemment mis en service avec une capacité de 30 000 m³ par jour, et prévoient le démarrage du projet de transfert de Guetrani, capable de produire 80 000 m³ par jour. Ces projets sont jugés aussi stratégiques que les stations de dessalement.
Enfin, M. Derbal a rassuré les citoyens sur la qualité de l’eau potable issue des stations de dessalement, soulignant qu’elle subit des analyses rigoureuses en laboratoire avant distribution et ne présente aucun risque pour la santé.
M.A
