Pour faire face aux difficultés qu’elle rencontre pour accéder aux sources de financement, l’Afrique devrait renforcer sa mobilisation des domestiques, préconise la Banque africaine de développement, d’autant que le continent doit répondre à des défis plus grands que pour les autres régions du monde.
Par Khadidja Mohamed Bouziane
Les économistes, présents lors de la conférence économique qui s’est tenue au Cap- vert, s’accordent pour dire que les défis de l’Afrique, sont autrement plus importants que ceux des autres régions du monde. Aussi, pour impulser des changements dans leurs économies, les pays africains, doivent accéder à des financements, qu’il n’est pas toujours aisé de trouver.
« Il est essentiel que les pays africains augmentent leur base d’imposition en s’attaquant aux goulets d’étranglements structurels tels que la faiblesse des structures organisationnelles, les faibles capacités de fonctionnaires fiscaux et le manque des techniques modernes et informatisées de gestion des risques » précise le vice président gouvernance économique et gestion humaine au sein de la Banque africaine de développement BAD.
Cette précision du représentant de la BAD à la conférence économique, intervient suite au constat sur les pays du continent à avoir des financements pour faire face à la Covid-19 et également pour développer leurs économies, pour pouvoir atteindre les objectifs du développement durable.
En effet, l’Afrique doit financer la transition énergétique, et faire face aux contraintes des changements climatiques. Dans les deux cas, les ressources dont elle dispose sont insuffisantes. « Les recettes publiques ont baissé en moyenne de 10 à 15% en 2020. En Afrique Subsaharienne, le ratio moyen recettes/PIB diminuant de 2 points de pourcentage pour atteindre 18% en 2020, contre environ 20% en 2019. Certaines estimations en 2020 indiquent que les restrictions liées à la Covid-19 auraient diminué les exportations africaines de 17%, ce qui a entrainé une baisse de l’ordre de 5% des recettes publiques » explique le représentant de la BAD.
D’autres problèmes minent les économies africaines comme les flux financiers qui quittent le continent, d’une manière illicite et, qui sont évalués à 84 milliards de dollars par an. En 2020, le continent a perdu 17,1 milliards de dollars de recettes budgétaires, en raison de l’évasion fiscale.
K.M.B
