Le secteur de l’élevage américain, notamment bovin, est en état d’alerte. Mercredi dernier, la lucilie bouchère a été signalée à proximité de la frontière mexicaine, marquant la réapparition d’un parasite pourtant éradiqué du territoire américain depuis six décennies.
Par Yakout Abina
Le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a confirmé vendredi dernier un second cas de lucilie bouchère au Texas, un parasite ravageur et redoutable pour le bétail. Le cas a été identifié chez un veau âgé d’un mois dans le comté de Zavala, à seulement neuf kilomètres du premier signalement survenu plus tôt dans la semaine.
Le ministère a indiqué sur ses canaux officiels que des mesures de surveillance et de contrôle sont en cours pour tenter de contenir la propagation de ce parasite et protéger les élevages.
La lucilie bouchère du Nouveau Monde est une mouche dont les larves parasitent les animaux vivants, provoquant des lésions graves et parfois mortelles. Sa présence déclenche une mobilisation rapide des autorités vétérinaires, car elle peut se propager rapidement et menacer l’ensemble du cheptel.
Soixante ans après avoir été éradiquée du territoire américain, la lucilie bouchère a été détectée mercredi dernier près de la frontière mexicaine. Cette résurgence, confirmée par les autorités sanitaires, alimente l’inquiétude des éleveurs, particulièrement dans le secteur bovin.
Cet insecte, une mouche dont la larve se nourrit de la chair des animaux, provoque des lésions graves et parfois mortelles. La menace ne se limite pas au bétail, la faune sauvage, les animaux domestiques et même les humains peuvent être affectés.
Les États-Unis avaient réussi del’éradiquer en 1966, grâce à une vaste campagne de lutte biologique. Une résurgence avait toutefois été signalée en Floride en 2017, rapidement éliminée par les autorités sanitaires. La détection récente près de la frontière mexicaine rappelle la fragilité de cette victoire et souligne l’importance des mesures de prévention pour éviter une propagation à grande échelle
Mais le parasite est toujours resté présent en Amérique du Sud, et a progressé vers le nord ces dernières années, suscitant l’inquiétude des autorités américaines. À l’annonce du premier cas les autorités ont annoncé une série de mesures d’urgence.
Parmi elles, la mise en place d’une zone de quarantaine de 20 kilomètres autour de la ferme concernée, afin de limiter les déplacements d’animaux et d’empêcher la propagation du parasite. Les autorités ont également lancé une opération de largage de 94 milliards de mouches stériles, une technique de lutte biologique visant à réduire la reproduction de l’insecte et à contenir son expansion.
C’est grâce à cette technique que les États-Unis avaient réussi à se débarrasser de la lucilie bouchère au début des années 1960. Cette méthode de lutte biologique, avait permis d’interrompre le cycle de propagation du parasite et d’assurer son éradication.
Puis en 1972, les États-Unis et le Mexique ont signé un accord de coopération pour éradiquer le parasite dans les zones frontalières. le Mexique a été déclaré exempt de lucilie bouchère en 1991, grâce à cette collaboration.
La technique de l’insecte stérile a ensuite été appliquée au Guatemala, Belize, Salvador et Honduras dans les années 1990.
Aujourd’hui, face à la résurgence observée au Texas, les autorités misent à nouveau sur cette stratégie. Le ministère de l’Agriculture avertit qu’une propagation incontrôlée pourrait coûter jusqu’à 1,8 milliard de dollars rien qu’à l’échelle du Texas, un chiffre qui illustre l’ampleur des risques économiques pour le secteur agricole.
Au cours des vingt dernières années, plusieurs parasites ont provoqué des catastrophes majeures dans l’élevage mondial, obligeant les éleveurs et les autorités à recourir à l’abattage massif des animaux pour contenir la propagation et protéger les filières agricoles ce qui a entrainé a des pertes économiques colossales.
L’un des épisodes les plus marquants reste celui de l’influenza aviaire hautement pathogène, apparue en Asie en 2003 avant de s’étendre à l’Europe en 2006 et aux États-Unis en 2015 puis en 2022. Plus de deux cents millions de volailles ont été abattues, entraînant des pertes économiques cumulées dépassant vingt milliards de dollars.
La lucilie bouchère du Nouveau Monde, éradiquée des États-Unis en 1966, a refait surface en Floride en 2017 oùelle a frappé une espèce sauvage protégée, le cerf des Keys (Key deer). Environ 135 cerfs sont morts ou ont dû être euthanasiés en raison d’infestations massives. Grâce au confinement strict, le bétail agricole commercial a été épargné.L’État de Floride et le gouvernement fédéral (USDA) avaient dépensé plus de 4 millions de dollars pour financer la réponse d’urgence et le lâcher de millions de mouches stériles.
La peste des petits ruminants a frappé l’Inde, l’Afrique et le Moyen-Orient entre 2000 et 2020. Des millions de chèvres et de moutons ont été perdus ou abattus, avec des pertes annuelles évaluées à près de deux milliards de dollars.
En Afrique subsaharienne, la trypanosomose transmise par les glossines a décimé les troupeaux de bovins, ovins et caprins. Les pertes agricoles sont estimées à 4,5 milliards de dollars par an, avec des millions de bovins morts ou abattus.
Enfin, des infestations de parasites gastro-intestinaux comme Eimeria ou les strongles ont provoqué des abattages localisés, notamment en Algérie dans la région d’Oran en 2023 et 2024, où des centaines de bovins et ovins ont été éliminés, entraînant des pertes de plusieurs millions de dinars.
Ces épisodes montrent que les parasites ne sont pas seulement un problème sanitaire mais une menace directe pour la sécurité alimentaire mondiale et la stabilité économique des filières agricoles. Les abattages massifs, bien que coûteux et douloureux pour les éleveurs, restent une mesure indispensable pour stopper la propagation, accompagnés de quarantaines, de campagnes de vaccination et de stratégies de lutte biologique comme le largage de mouches stériles.
Cela nous amène à nous poser une question très simple : où sont ces progrès de la science vétérinaire et des vaccins anti parasites dont la communauté scientifique ne cesse de se gargariser ? Peut-on être vraiment fier de tous les autres progrès de la science notamment en matière de technologie, de numérisation et d’intelligence artificielle lorsqu’un microscopique virus tue des milliers de vaches et de bœufs sans que cette science ne puisse faire quoi que ce soit pour l’en empêcher ? Pour la science oui, mais pour une science vraiment utile au bien être de l’humanité
Y.A
