Moyens de communication / Du cri au clic

 

 

  Depuis les origines, l’humanité n’a cessé de chercher à réduire les distances et à accélérer la transmission des nouvelles. Des signaux de fumée aux pigeons voyageurs puis au télégraphe, chaque époque a inventé ses propres moyens pour communiquer plus vite et plus loin. Façonnant ainsi le terrain aux révolutions numériques qui rythment aujourd’hui notre quotidien.

 

Par Yakout Abina

 

L’opérateur de téléphonie mobile Djezzy a annoncé dimanche dernier la mise en service de son réseau 5G dans 18 wilayas. Le déploiement a commencé dans les 8 wilayas prévues pour la première année, dont Alger, Oran, Constantine, Sétif, Skikda, Ouargla, Tlemcen et Blida, et a été anticipé dans 10 autres wilayas comme Tizi Ouzou, Bejaïa, Annaba ou Timimoun. À cette occasion, l’opérateur invite ses clients dans les wilayas couvertes à souscrire pour profiter d’un très haut débit, tout en poursuivant l’extension progressive de la couverture nationale.

Depuis toujours, l’humanité s’est efforcée de réduire les distances et de rendre la transmission des nouvelles plus rapide. Autrefois, il fallait des jours, voire des semaines, pour qu’un message atteigne son destinataire. Aujourd’hui, un simple clic suffit pour partager une photo, diffuser une vidéo en direct ou communiquer avec quelqu’un se trouvant à l’autre bout du monde. Mais avant cette révolution numérique, les hommes ont dû réfléchir, inventer, perfectionner et multiplier les techniques de communication pour transmettre leurs messages, mêlant ingéniosité, patience et, parfois, danger.

 

La bouche-à-oreille première source de l’information

 

Dans les sociétés anciennes, le bouche-à-oreille était le premier vecteur d’information. Les conteurs, véritables gardiens des récits, transmettaient légendes, traditions et événements, donnant vie à l’histoire au fil de leurs paroles. Les hérauts, quant à eux, étaient chargés de proclamer les décisions des rois ou des autorités, souvent sur les places publiques, où leur voix résonnait comme un instrument officiel de communication. Les crieurs publics, figures familières des marchés et des villages, annonçaient les nouvelles locales, les avis importants ou les règlements, assurant ainsi la cohésion sociale et la diffusion de l’information.

Mais la fragilité de l’oralité poussa les civilisations à inventer des supports durables, à l’instar des tablettes d’argile en Mésopotamie ou des hiéroglyphes égyptiens, qui servaient à transmettre des informations administratives, religieuses ou politiques.

Les signaux visuels et sonores ont, eux aussi, joué un rôle essentiel. La fumée, par exemple, était utilisée par les Amérindiens ou encore le long de la Grande Muraille de Chine pour transmettre rapidement des messages simples, tels qu’un avertissement de danger ou l’annonce d’une victoire. Les feux de joie, disposés en chaînes de brasiers sur des collines, pouvaient alerter tout un royaume d’une invasion imminente en quelques heures seulement. Mais lorsque la vue était obstruée, notamment dans les jungles ou les montagnes, l’ingéniosité humaine se tourna vers les signaux sonores. En Afrique ou en Amazonie, les tambours, surnommés le « téléphone de la jungle », reproduisaient les sonorités du langage parlé grâce à la modulation du rythme et de la tonalité. Dans certaines îles, comme aux Canaries, les habitants développèrent le langage sifflé Silbo, capable de franchir vallées et montagnes en portant la voix humaine sous une forme transformée.

Puis l’ingéniosité humaine a très tôt mobilisé les animaux pour accélérer la transmission. Les pigeons voyageurs, capables de retrouver leur colombier sur des centaines de kilomètres avec un message attaché à leur patte, furent utilisés par les Grecs, les Romains, puis par les armées médiévales et modernes. Dans l’Empire perse, le système des chaparkhaneh reposait sur des relais de cavaliers qui se succédaient pour porter les messages sur de longues distances. Ce dispositif préfigurait le principe du relais postal moderne et garantissait une circulation rapide et continue de l’information. L’Empire perse avait mis en place un système de postes où les messagers changeaient de monture pour parcourir des distances impressionnantes.

La bouteille à la mer, bien que peu fiable pour une réponse urgente, a été utilisée par des marins en détresse ou des explorateurs pour laisser une trace de leur passage. Avec l’expansion des échanges commerciaux et maritimes, les navires devinrent des vecteurs essentiels de communication. Les lettres traversaient les océans, reliant un continent à un autre. Cependant, les délais restaient considérables : plusieurs mois pouvaient s’écouler entre l’envoi et la réception. Au XIXe siècle, la révolution industrielle apporta des moyens plus rapides ; les diligences, puis les trains, permirent d’acheminer le courrier à une vitesse inédite.

Les lettres remplacées par les e.mails

Dans les années 1830, le télégraphe marqua une véritable révolution en permettant de transmettre des messages codés en quelques minutes sur des centaines de kilomètres. Pour la première fois, l’information voyageait plus vite que les moyens de transport. Quelques décennies plus tard, le téléphone fit franchir une étape décisive : la voix humaine pouvait désormais traverser instantanément les distances, bouleversant les habitudes de communication et rapprochant les individus comme jamais auparavant. Puis vinrent la radio et la télévision, qui ouvrirent la voie à une diffusion massive et simultanée de l’information. Grâce à elles, les nouvelles, les divertissements et les grands événements mondiaux purent atteindre des millions de foyers en temps réel, transformant profondément la société et la culture.

Aujourd’hui, nous vivons une accélération sans précédent dans la manière de communiquer. Les e.mails ont remplacé les lettres, les messages instantanés ont supplanté les télégrammes, les réseaux sociaux, quant à eux, donnent la possibilité de partager en temps réel des images, des vidéos et des sons avec le monde entier. Enfin, les visioconférences abolissent la frontière entre présence physique et virtuelle, rapprochant les individus malgré la distance et transformant profondément nos habitudes de communication.

Ce parcours historique montre que chaque époque a inventé ses propres moyens pour répondre au besoin universel de communiquer. Du pigeon voyageur à la tablette d’argile, et enfin à la fibre optique, l’homme n’a cessé de chercher à rendre ses messages plus rapides, plus fiables et plus riches.

 

Y.A

 

 

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