Le ministre algérien Ouacim Kouidri a reçu son homologue mozambicain de la Santé,
Ussene Hilario Isse, accompagné de l’ambassadeur du Mozambique en Algérie, au siège du
ministère de l’Industrie pharmaceutique à Alger Antonio Namburetie. Au-delà des formules
protocolaires, les discussions ont porté sur un sujet important, l’accès aux médicaments et
le développement d’une coopération industrielle durable entre les deux pays.
Par Rihab Taleb
Le ministre Kouidri a rappelé que l’Algérie a aujourd’hui plus de 230 unités industrielles,
publiques et privées capables de couvrir plus de 83 % des besoins du marché national.
Cette performance qui est le fruit de plusieurs années d’investissements et de réformes,
place le pays parmi les acteurs majeurs du secteur pharmaceutique en Afrique. L’Algérie ne
se contente plus de répondre à ses propres besoins, elle a désormais l’intention de partager
son expertise et son savoir-faire avec ses partenaires africains.
Kouidri a proposé que certaines commandes pharmaceutiques du Mozambique soient
produites directement dans des usines algériennes. Une initiative qui permettrait non
seulement de répondre rapidement aux besoins du marché mozambicain, mais aussi de
former ses professionnels aux techniques de fabrication locales. « C’est une manière de
bâtir une coopération gagnant-gagnant », a souligné le ministre.
Le ministre mozambicain de la Santé, Ussene Hilario Isse, n’a pas caché son intérêt pour
cette offre. Il a salué l’expérience de l’Algérie dans le domaine pharmaceutique, affirmant
qu’elle constitue un partenaire stratégique pour son pays. Le Mozambique fait face à une
demande croissante de médicaments essentiels et souhaitedans une première phase,
acquérir 200 types de produits fabriqués en Algérie. Ces médicaments couvriraient un large
spectre de besoins, allant des traitements de base aux fournitures médicales spécialisées.
Pour Hilario Isse, l’Algérie représente une alternative fiable, ses médicaments sont reconnus
pour leur qualité et leurs prix compétitifs, deux critères essentiels pour un pays qui cherche à
renforcer son système de santé tout en maîtrisant ses coûts.
Les discussions ont également abouti à un accord de principe sur la signature prochaine
d’un mémorandum d’entente entre l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP)
et son homologue mozambicaine, ce document permettra la reconnaissance mutuelle de
l’enregistrement des médicaments, facilitant ainsi leur circulation et leur disponibilité dans les
deux pays. Une étape administrative mais cruciale, qui donnera un cadre officiel à cette
coopération.
Organisée à Alger en novembre 2025. Cet événement avait déjà souligné la nécessité pour
les pays africains de renforcer leur autonomie pharmaceutique et de développer des
partenariats régionaux. L’Algérie, forte de ses capacités industrielles, s’était alors
positionnée comme un acteur central de cette initiative.
Pour le Mozambique, l’accès rapide à des médicaments essentiels peut faire la différence
dans la prise en charge de milliers de patients. Pour l’Algérie, cette coopération est
l’occasion de mettre son expertise au service de la solidarité africaine, tout en consolidant
son rôle de leader régional
Cette rencontre entre Kouidri et Hilario Isse ne se limite pas à un échange diplomatique. Elle
marque le début d’une alliance stratégique qui pourrait transformer l’accès aux soins dans
une partie du continent.
R.T
