Lors d’une conférence organisée mardi par l’Académie algérienne des sciences et des technologies (AAST), animée par l’expert en géologie Nassereddine Kazi Tani, ce dernier a mis en lumière le fort potentiel de l’Algérie dans le domaine de l’hydrogène.
Par Malika Azeb
M. Kazi Tani a souligné, en présence d’experts, de chercheurs et de spécialistes en énergies renouvelables, que la valorisation de cette ressource pourrait ouvrir de vastes perspectives pour le pays dans sa transition énergétique.
Selon les estimations scientifiques qu’il a présentées, l’Algérie disposerait d’un important potentiel en hydrogène blanc, incluant divers types : celui issu des réactions entre le fer et l’eau, celui généré par la radioactivité, ainsi que celui produit par la transformation de certaines roches volcaniques.
Chacun de ces types pourrait receler des réserves allant de 4 à 5 milliards de tonnes, avec la possibilité de découvrir davantage de ressources en intensifiant les efforts d’exploration et de prospection.
Les réserves nationales de cette « molécule blanche » ne se limiteraient pas au sous-sol du sud algérien : des indices laissent également supposer sa présence dans les régions du nord, sur la base de la structure géologique du pays.
Bien que son utilisation reste relativement limitée à l’échelle mondiale, l’hydrogène blanc suscite un intérêt croissant sur le marché international de l’énergie. Ce regain d’attention s’explique notamment par son coût de production très faible — estimé à environ 0,5 dollar par kilogramme — contre près de 14 dollars pour l’hydrogène vert.
Contrairement aux autres formes d’hydrogène, l’hydrogène blanc se forme naturellement dans le sous-sol, sans nécessiter de lourds moyens de production. C’est pourquoi plusieurs pays ont déjà délivré des titres miniers à des entreprises du secteur énergétique afin de lancer des opérations de recherche et d’exploration. L’Algérie, à l’instar de ces nations, s’engage dans cette course vers les énergies propres et s’est donné pour objectif de se positionner sur le marché international de l’énergie bas carbone.
Au cours de son intervention, l’expert a également présenté les caractéristiques géologiques de l’hydrogène blanc en Algérie, les mécanismes de sa formation, ainsi que les méthodes d’exploration selon les différents contextes géologiques. Il a par ailleurs mis en valeur les estimations concernant les ressources nationales potentielles en ce gaz pur.
De son côté, le président de l’AAST, Hichem Kara, a affirmé que cette conférence, marquée par la participation de nombreux chercheurs et professionnels du domaine énergétique, a été riche en échanges et en débats. Il a précisé qu’elle s’inscrit dans une série de communications scientifiques publiques, visant à diffuser la culture scientifique et à attirer l’intérêt de toutes les personnes sensibles aux enjeux des domaines émergents.
MA
