La mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour/Un projet d’envergure, souligne le directeur du laboratoire de génie minier, sur les ondes de la chaine 3

Le directeur du laboratoire de génie minier et consultant dans le domaine, Malek Ould Hamou, invité de l’émission « L’invité du jour » de la chaine 3 de la radio algérienne, a apporté des explications techniques et économique concernant le projet d’exploitation de la mine de zinc et de plomb d’Oued Amizour sise dans la wilaya de Bejaïa.

 

Par Malika Azeb

 

M.Ould Hamou a indiqué que l’exploitation de cette mine représente, une étape importante pour le secteur minier algérien.

« Le gisement d’Oued Amizour est un minerai polymétallique, composé essentiellement de zinc et de plomb, avec une estimation de 34 millions de tonnes exploitables », a expliqué Malek Ould Hamou, ajoutant que les réserves contiennent environ 170.000 tonnes de zinc et 30.000 tonnes de plomb.

Ce projet bien qu’il ne soit pas comparable en volume à certains grands projets de minerai de fer, néanmoins il se distingue par « la valeur élevée de ces métaux sur le marchés internationaux », a souligné M. Ould Hamou.

Il a également précisé que la teneur du minerai reste relativement faible, en expliquant que « Le minerai de plomb et de zinc se situe aux alentours de 4% de zinc et de moins de 1,5ù de plomb », ce qui nécessite selon lui des procédés de valorisation spéciale pour extraire efficacement les métaux contenus dans la masse totale du minerai.

« Le gisement d’Oued Amizour est classé à peu prés au douzième rang mondial », et cela en dépit des volumes plus modestes comparant aux grands gisements de fer, il a ajouté que cette position montre l’importance du projet pour le pays.

Ajoutant que « Le gisement permettra de renforcer l’approvisionnement national en matières premières pour l’industrie métallurgique et de réduire la dépendance aux importations », il a rappelé que l’exploitation se fera en mode souterrain, contrairement à certaines mines à ciel ouvert.

« C’est une exploitation souterraine où des blocs de minerai seront extraits puis transférés vers une usine de valorisation », a expliqué ce consultant en précisant que « Le minerai brut alimentera ensuite une usine de traitement destinée à concentrer les métaux utiles ».

M.Ould Hamou a souligné que l’exploitation ne se limite pas uniquement à l’extraction du minerai, mais à valoriser ce dernier pour en augmenter la teneur en minéraux, en indiquant que « Extraire et vendre la matière première telle qu’elle vient de la mine n’est pas du tout une solution, ajoutant que « Le procédé utilisé est la flottation, une technique physico-chimique couramment utilisée en minéralurgie, le procédé mis en place au niveau d’Oued Amizour est un procédé physico-chimique qu’on appelle la flottation ».

La procédure d’extraction de minerais consiste d’abord à faire subir une préparation mécanique au minerai, « Cela veut dire la réduction ou la fragmentation du minerai qui vient en bloc jusqu’à une taille de moins de 100 microns, cette étape permet ensuite de séparer les minéraux utiles à l’aide de réactifs chimiques tels que des collecteurs, des déprimants, des activants et des régulateurs de milieu », a-t-il expliqué.

Ce spécialiste a également précisé que grâce à ce procédé, la teneur du minerai peut être considérablement augmenté, de 1,2% de plomb ou de quelques pour cent de zinc, on peut remonter jusqu’aux environs de 60% ».

Concernant les retombées économiques de ce projet tant qu’au niveau régional que national, Malek Ould Hamou a indiqué qu’« il y aura des milliers d’emplois qui vont être créés au sein de la mine », en évoquant les emplois directs et indirects liés à l’exploitation, au traitement du minerai et à la logistique.

A la question sur les conséquences environnementales du gisement dont la durée d’exploitation est estimée entre 19 et 20 ans, ce spécialiste souligne que « le projet inclut également des mesures environnementales visant à limiter l’impact sur l’écosystème, les résidus miniers seront en partie réutilisés pour combler les vides souterrains afin d’éviter les affaissements, les rejets seront mélangés avec du ciment pour reconstituer les volumes exploités ».

D’autre part « la gestion des eaux et des résidus fera l’objet de dispositifs spécifiques afin d’éviter tout risque de pollution, notamment lié au drainage minier acide » a affirmé M. Ould Hamou.

Il a fait savoir que ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre un groupe algérien majoritaire à 51% et la société australienne Terramin Australia Limited, qui détient 49% des parts et apporte son expertise technique.

Ould Hamou a au terme de l’émission indiqué que la production servira d’abord le marché national, et l’excédent sera exporté.

MA

 

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