À partir du 1er mai 2025, les ministères de l’Agriculture et du Commerce intérieur superviseront conjointement les marchés des wilayas afin de contrôler l’importation et la commercialisation des moutons destinés à l’Aïd El-Adha. Tous les animaux importés feront l’objet de contrôles sanitaires stricts avant d’être proposés à la vente.
Par Chaimaa Sadou
Pour lutter contre la spéculation et garantir une stabilité des prix, un plafond tarifaire sera imposé aux vendeurs. Parallèlement, plusieurs mesures de soutien seront déployées à l’attention des éleveurs locaux : formation, appui logistique pour le transport et accès facilité aux marchés, dans le but d’assurer une offre abondante et de qualité.
Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Youcef Cherfa, a annoncé ce dispositif jeudi à Alger, lors d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN). Il a précisé que la vente des moutons importés débutera le 1er mai 2025 dans l’ensemble des wilayas. Cette opération, menée en coordination avec le ministère du Commerce intérieur, permettra une mise en marché quotidienne des animaux, renforçant ainsi l’accessibilité pour les citoyens.
L’importation suit un plan logistique précis, avec des arrivées prévues dans neuf ports algériens. La répartition des moutons entre les wilayas sera proportionnelle à la densité de leur population. M. Cherfa a néanmoins tenu à rappeler que cette importation n’a pas vocation à remplacer la production nationale. Elle vise plutôt à soutenir les éleveurs locaux face à la hausse ponctuelle de la demande durant l’Aïd El-Adha, tout en assurant un approvisionnement régulier et des prix maîtrisés.
Le ministre a insisté sur le fait que cette démarche s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation du secteur agricole. Un accent particulier est mis sur le développement de l’agriculture biologique, considérée comme un levier de diversification de l’économie nationale, notamment à travers l’augmentation des exportations. L’administration œuvre actuellement à l’élaboration d’un cadre législatif favorable à ce type d’agriculture, ainsi qu’à la mise en place de dispositifs d’aide pour accompagner les agriculteurs dans l’obtention de certifications et dans l’amélioration de leurs circuits de distribution.
Par ailleurs, M. Cherfa a évoqué les efforts du ministère pour résoudre les problèmes liés à la gestion des terres agricoles. Un nouveau texte réglementaire est en cours de finalisation afin de faciliter la dissolution de l’indivision, une situation fréquente qui engendre souvent des conflits entre co-indivisaires. Ce décret s’inscrit dans le cadre des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, relatives à la régularisation du foncier agricole.
Selon le ministre, les amendements proposés introduiront un nouveau dispositif permettant aux exploitants de sortir plus aisément de l’indivision et de sécuriser leur activité.
À travers l’ensemble de ces mesures, le gouvernement entend répondre efficacement aux besoins des consommateurs durant l’Aïd El-Adha, tout en consolidant la production agricole nationale et en accompagnant les agriculteurs dans leur transition vers des pratiques modernes, durables et respectueuses de l’environnement.
C.S
