Le rôle de la Wilaya V historique dans la Guerre de libération nationale et les figures marquantes qui y ont contribué ont constitué le thème central d’un colloque national organisé, mercredi à l’Université d’Oran 1 Ahmed Ben Bella.
Ce deuxième colloque national, intitulé “La contribution de la Wilaya V à la Révolution algérienne : figures et symboles”, a été organisé conjointement par le Laboratoire d’histoire de l’Algérie de l’Université d’Oran 1, la direction des Moudjahidine et des Ayants-droit, le bureau de wilaya de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), ainsi que le Musée du moudjahid, indique-t-on.
Les intervenants ont mis en lumière le rôle stratégique de cette région historique, qui a consisté à desserrer l’étau imposé aux autres zones du pays et à soutenir leur combat durant la Guerre de libération nationale. Le chef du département d’histoire et d’archéologie de l’université Oran 1, Sadek Kacem, a rappelé que la Wilaya V, la plus vaste des wilayas historiques, avait connu, à l’instar du reste du pays, des attaques contre les intérêts français, dans la nuit du 1 er novembre 1954, avant que la lutte ne s’intensifie rapidement entre 1954 et 1958.
Il a évoqué de rudes batailles, telles que celles de Sidi-Ghalem, Fellaoucene et Benouissi, qui infligèrent de lourdes pertes à l’armée coloniale française et démontrèrent la force et la portée nationale de la Révolution, contrairement aux allégations de la propagande coloniale.
De son côté, le professeur Boubaya Abdelkader, directeur du Laboratoire d’histoire de l’Algérie, a souligné que la Wilaya V se distinguait par une organisation militaire rigoureuse et la création de nombreux groupes de fedaïn à Oran, Tlemcen, Sidi Bel-Abbes et Mascara, ce qui renforça la diversité et l’efficacité de la lutte armée, poussant l’ennemi à redoubler de violence et de barbarie contre les civils algériens. Il a également rappelé que les ports de la région, notamment ceux d’Oran et de Tlemcen, servirent de points d’approvisionnement en armes et en munitions, en provenance des pays soutenant la Révolution algérienne, en tête desquels l’Egypte.
A ce titre, il a cité l’opération du yacht “Dina”, supervisée par le moudjahid Ahmed Ben Bella, qui quitta l’Egypte, le 28 février 1955, avec à son bord 21 tonnes d’armes et de munitions destinées à la guerre de libération.
Au cours de cette rencontre, un hommage particulier a été rendu aux chefs de la Wilaya V historique, parmi lesquels Larbi Ben M’hidi, Houari Boumediene et Boudghen Benali (Colonel Lotfi), tandis qu’une attention particulière a été accordée aux parcours des martyrs Commandant Ferradj et Oudoukh Mohamed, figures emblématiques de la région.
RA
