La fièvre de l’or s’est emparée d’un quartier populaire de la périphérie est de Johannesbourg. En quelques jours seulement, des centaines de personnes, armées de pelles et de pioches, ont convergé vers le township de Springs, situé à une cinquantaine de kilomètres du centre-ville, pour creuser le sol en quête du précieux métal jaune.
Jusqu’à la semaine passée, ce terrain n’était qu’un simple enclos à bétail, entouré de grillages. Il est devenu, de manière inattendue, l’épicentre de la dernière ruée vers l’or en Afrique du Sud. Ce phénomène rappelle l’effervescence qui, au début du XXe siècle, a donné naissance à la capitale économique du pays.
Cette ruée spontanée s’explique par le contexte économique actuel. Le cours de l’once a franchi cette année la barre des 5 000 dollars, soit plus du double de sa valeur en janvier. Cette flambée attise toutes les convoitises.
L’origine de cette frénésie est pourtant modeste. Selon les témoignages, tout a commencé quand un habitant, creusant un trou pour planter un piquet de clôture, a remarqué une teinte inhabituelle dans la terre. Après l’avoir testée dans l’eau, la nouvelle s’est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, attirant rapidement une foule de chercheurs d’or improvisés.
L’Afrique du Sud, dont le sous-sol est réputé pour sa richesse, n’en est pas à son premier épisode de ce genre. En 2021, la découverte de pierres cristallines dans la province du KwaZulu-Natal avait déjà provoqué une ruée vers le diamant, avant que des experts ne révèlent qu’il s’agissait de simples cristaux de quartz. Le pays abrite également un vaste réseau clandestin de mineurs artisanaux.
N.B
