Selon une étude du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), 85% des exploitants agricoles expérimentés spécialisés dans la production de pomme de terre ont introduit, ces dernières années, des innovations liées au produit lui-même, aux équipements employés ou aux techniques de commercialisation.
Par Mohamed Zahar
L’étude précise que ce sont surtout les producteurs ayant plus de 25 ans d’expérience dans la filière pomme de terre et ceux qui ont un bon niveau d’instruction qui optent le plus pour de nouveaux moyens en vue d’améliorer leur production.
” L’introduction de nouvelles variétés végétales, la diversification des variétés dans une seule plantation, l’utilisation des rotations culturales appropriées, l’adoption de nouvelles pratiques de traitement des mauvaises herbes” en plus de l’utilisation de machines et techniques de semis modernes et, plus généralement, l’amélioration de la gestion des exploitations sont les principales innovations évoquées par l’étude. Elle parle également de l’emploi de techniques de commercialisation modernes par un certain nombre d’exploitants.
« Tous les exploitants qui ont suivi une formation en agriculture ont adopté au moins une innovation citée», précisent les chercheurs du Cread.
« Nous constatons que l’expérience des exploitants a joué un rôle très important dans l’adoption des innovations. 85% des exploitants qui ont une expérience de plus de 25 ans ont adopté 95% des innovations (citées) tandis que 75% des exploitants d’une expérience de moins de 5 ans n’ont adopté que 17% des innovations », constate l’étude.
Les agriculteurs ayant “un niveau secondaire ont adopté presque 90% des innovations citées”, indiquent les auteurs de l’étude.
Globalement, “les producteurs de niveau universitaire et secondaire ont adopté systématiquement des innovations, par contre, ceux qui n’ont aucun niveau d’instruction sont 12% à n’avoir adopté aucune innovation », précisent-ils.
L’étude relève, en outre, que « tous les exploitants qui ont suivi une formation en agriculture ont adopté au moins une innovation citée, par contre, ceux qui n’ont pas suivi de formation sont 6% à n’avoir adopté aucune innovation ».
« Les exploitants qui ont des parcelles dans la même commune ont adopté la totalité des innovations citées au moment où les exploitants qui ont des parcelles dans plusieurs communes, n’ont pas adopté 30% des innovations », ajoute l’étude.
Les auteurs de l’étude notent, par ailleurs, que plus de 20% des producteurs de pomme de terre ont axé leurs efforts sur ce que l’on pourrait qualifier de Marketing. Ces derniers ont fait en sorte d’engager « un contrat pour une partie ou l’intégralité du processus de production, intégrer une association de producteurs pour défendre leurs intérêts, adopter un ouveau mode de coopération avec les autres agriculteurs, un nouveau mode de financement de l’investissement ou de la production en fonction des débouchés ». Le conditionnement des produits au niveau de l’exploitation elle-même en plus de l’adoption de nouvelles pratiques commerciales en se basant sur des circuits commerciaux modernes, figurent également parmi les efforts déployés par ces exploitants.
« Ce type d’innovation est adopté surtout par les agriculteurs qui ont de l’expérience dans la pratique de l’activité agricole. Le niveau d’instruction et la formation jouent un rôle également, puisque ce sont ceux qui ont le niveau secondaire ou universitaire et ceux qui ont suivi une formation en agriculture qui adoptent le plus ce type d’innovation », indique l’étude.
L’étude constate, enfin, que les innovations adoptées par les exploitants agricoles ont donné lieu à des résultats concrets. Il s’agit principalement d’une amélioration au niveau de la rentabilité économique, du rendement de production, et de sa qualité.
M.Z
