
Vu la situation actuelle et les conditions humanitaires désastreuses auxquelles sont confrontés les habitants de Ghaza, notamment une grave pénurie de fournitures de cuisine et la rareté du carburant, l’état de manque de matériel de cuisine est devenu une priorité absolue pour l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).
Par Ikram Haou
Selon l’agence, cette pénurie aggrave encore les difficultés liées à la préparation des repas, sans parler de la hausse continue des prix. Par conséquent, assurer sa subsistance est devenu un fardeau immense pour les familles palestiniennes, les femmes et les enfants, et cela plus de deux ans après les agressions sionistes dévastatrices sur la bande de Ghaza.
L’UNRWA affirme que la pénurie de ces produits essentiels est la principale cause de la flambée des prix à Ghaza. Les cuisines ont pour la plupart disparu et sont remplacées par de simples réchauds artisanaux alimentés par des morceaux de bois ou d’autres matériaux combustibles récupérés. Les femmes sont désormais contraintes de travailler sans relâche pour ramasser du bois à la main, dans une atmosphère enfumée, ce qui les rend plus vulnérables aux maladies respiratoires.
Selon l’UNRWA, le fardeau physique et psychologique qui pèse sur les femmes et les filles de Ghaza s’alourdit chaque jour, sans perspective d’amélioration. Cela l’a incitée à intensifier ses appels à trouver des solutions pour mettre fin à cette véritable tragédie.
Rappelant que l’agence de presse turque Anadolu a déclaré auparavant que, en l’absence de tous les produits de première nécessité dans ce territoire habité par environ 2,2 millions de personnes, des pratiques de vie primitives ont commencé à se répandre parmi les Gazaouis, où les poêles à bois sont devenus la principale source d’énergie pour cuisiner, faire du pain et se chauffer, a-t-elle indiqué.
En outre, la souffrance des Palestiniens pour assurer une cuisine de subsistance est confirmée par la recherche scientifique de M. Kirk R. Smith, professeur de sciences de l’hygiène de l’environnement à l’Université de Californie, Berkeley, aux États-Unis, publiée par la « Food and Agriculture Organization ».
Plusieurs effets sur la santé ont été observés à maintes reprises chez les ménages qui utilisent des biocombustibles, lesquels, dans la majorité des cas, comprennent du bois ou en sont entièrement constitués. On constate notamment les effets suivants :
Des infections aiguës des voies respiratoires inférieures (pneumonie) chez les enfants en bas âge, principal facteur de mortalité infantile mondiale et maladie causant la plus grande perte d’années de vie dans le monde ;
Une maladie respiratoire obstructive chronique, comme la bronchite chronique et l’emphysème, chez les femmes adultes ayant cuisiné de nombreuses années sur des fourneaux à combustible solide sans ventilation.
La pénurie de gaz de cuisine et d’électricité contraint les déplacés à utiliser des feux ouverts, du bois, du carton, voire des mélanges artisanaux dangereux (plastique/carburant) pour cuisiner, entraînant des incendies dévastateurs sous les tentes et de graves problèmes respiratoires. Ces méthodes de survie causent des brûlures, des intoxications et des drames quotidiens dans des conditions de vie précaires.
Notant que l’utilisation de feux ouverts provoque d’autres problèmes, outre les maladies respiratoires, car le feu attire l’attention de l’armée sioniste, et de nombreuses personnes ont été prises pour cible parce qu’elles avaient allumé un feu la nuit.
À cet égard, on peut conclure que l’instabilité des accès, l’ampleur des destructions, la famine et l’effondrement du système de santé, dus au manque de matériaux de vie essentiels, font de la crise un « cauchemar » nécessitant une solution diplomatique durable.
Il convient de noter que la pénurie de gaz et la hausse des prix ont également provoqué des perturbations dans l’approvisionnement de tous les autres produits de première nécessité et de divers services, affectant notamment les agriculteurs, les boulangeries et les transports. Cette crise menace l’approvisionnement en pain et fait grimper les prix des produits essentiels, impactant le quotidien de la population, qui est déjà dans une situation de détresse absolue.
I.H