L’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan ont repris hier, dimanche, leurs négociations de plusieurs années sur le barrage controversé que l’Éthiopie est en train de construire sur le principal affluent du Nil, ont annoncé des responsables.
Par Tinhinane Ait Afrah
La reprise des pourparlers intervient après que le président Abdel Fattah el-Sissi et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ont déclaré le mois dernier qu’ils visaient à parvenir d’ici quatre mois à un accord sur l’exploitation du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne sur le Nil Bleu, d’une valeur de 4,6 milliards de dollars. Le Nil Bleu rencontre le Nil Blanc à Khartoum, la capitale soudanaise, avant de serpenter vers le nord à travers l’Égypte jusqu’à la mer Méditerranée. L’Égypte craint un impact dévastateur si le barrage est exploité sans tenir compte de ses besoins. Il l’a qualifié de menace existentielle. Le pays le plus peuplé du monde arabe dépend presque entièrement du Nil pour approvisionner en eau son agriculture et ses plus de 100 millions d’habitants. Environ 85 % du débit du fleuve provient d’Éthiopie. Le ministre de l’Irrigation, Hani Sewilam, a déclaré que l’Égypte souhaitait un accord juridiquement contraignant sur la manière dont le barrage géant serait exploité et rempli. Sewilam a déclaré qu’il existe de nombreuses « solutions techniques et juridiques » au différend, sans donner plus de détails. Les tensions se sont accrues entre Le Caire et Addis-Abeba après que le gouvernement éthiopien a commencé à remplir le réservoir du barrage avant de parvenir à un accord. Des questions clés demeurent quant à la quantité de l’eau que l’Éthiopie rejettera en aval en cas de sécheresse pluriannuelle et à la manière dont les trois pays résoudront tout différend futur. L’Éthiopie a rejeté l’arbitrage exécutoire lors de la phase finale du projet. L’Éthiopie affirme que le barrage est essentiel, arguant que la plupart de sa population manque d’électricité. Le Soudan souhaite que l’Éthiopie coordonne et partage les données sur le fonctionnement du barrage afin d’éviter les inondations et de protéger ses propres barrages de production d’électricité sur le Nil Bleu, le principal affluent du Nil. Le barrage est situé à seulement 10 kilomètres (6 miles) de la frontière soudanaise.
T.A.A
