Dans la wilaya d’El-Meghaïer, on explore des pistes inédites pour élargir l’éventail des productions agricoles et consolider l’autosuffisance du pays. Le tournesol figure désormais parmi les cultures testées avec un certain succès. C’est l’agriculteur Samir Nacir qui a lancé cet essai sur son domaine situé dans le secteur d’El-Mograne, relevant de la commune de Still.
Par Ali Boufel
En suivant rigoureusement chaque étape, du labour jusqu’aux semis, ce pari a abouti à des résultats positifs. La plante s’adapte bien aux conditions sahariennes, réclame peu d’eau et pourrait même permettre deux récoltes par an.
D’après M. Nacir, l’expérimentation a concerné une parcelle de quatre hectares, au sein d’une propriété qui en compte deux cents. La terre étant naturellement fertile dans cette zone, l’utilisation d’engrais ou de produits complémentaires a été très limitée. L’exploitation possède déjà un important potentiel arboricole, avec des figuiers, des abricotiers et quinze cents palmiers Deglet-Nour qui ont produit l’an dernier mille cinq cents quintaux de dattes.
Pour la saison en cours, une vingtaine d’hectares sont consacrés aux plantes fourragères. S’ajoutent vingt et un hectares de blé, dix-huit de triticale, les quatre hectares de tournesol déjà cités, ainsi que différentes surfaces dévolues aux légumes. Par ailleurs, un troupeau de cent cinquante-cinq ovins complète cette activité.
Malgré les avancées constatées, l’exploitation rencontre des freins qui menacent son développement. Il s’agit surtout du coût et de la complexité des études techniques préliminaires, d’un encadrement insuffisant des exploitants, et d’un manque de matériel performant pour la moisson. L’agriculteur nourrit cependant des projets d’envergure, comme l’introduction de l’aquaculture ou encore l’élevage de poules pondeuses, afin de varier ses sources de revenus et d’apporter une plus-value économique à toute la contrée.
A.B
