Des organisations non gouvernementales (ONG) ont vivement dénoncé, lors d’une récente session à Genève, l’aggravation des violations des droits de l’homme au Sahara occidental, territoire sous occupation marocaine. Ces violations, selon elles, s’inscrivent dans une politique de répression ciblant les militants sahraouis qui réclament l’autodétermination. L’absence d’un mécanisme indépendant de surveillance des droits humains dans cette région permettrait à ces exactions de se poursuivre en toute impunité.
Par Karim-Akli Daoudi
Le Conseil international pour le soutien à des procès équitables et aux droits de l’homme (ICSFT) a exprimé son inquiétude face à la détérioration de la situation des droits humains dans les territoires occupés. L’organisation a souligné que le manque de surveillance indépendante a facilité des violations graves et systématiques commises par les forces d’occupation marocaines. Hassana Moulay Dahy, défenseur sahraoui des droits humains, a lu une déclaration devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, déplorant l’incapacité de l’ONU à instaurer un mécanisme de suivi indépendant. Cette lacune a été qualifiée d’”inacceptable”, notamment parce que la MINURSO, la mission de l’ONU chargée du référendum d’autodétermination au Sahara occidental, ne dispose pas de mandat relatif aux droits humains.
L’ICSFT a exhorté le Conseil des droits de l’homme à assumer ses responsabilités en mettant en place des mesures concrètes pour assurer un suivi indépendant de la situation. “La justice pour le peuple sahraoui nécessite un engagement international fort”, a insisté l’organisation. Elle a également critiqué le silence de la communauté internationale face à la répression au Sahara occidental, notant que le Maroc continue d’empêcher l’accès des observateurs indépendants, y compris ceux du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, malgré les demandes répétées des instances onusiennes.
Yakouta Mokhtar, activiste et représentante du Service international pour les droits de l’homme (ISHR), a condamné l’occupation marocaine du Sahara occidental, mettant en garde contre l’augmentation des violations des droits humains en l’absence de surveillance internationale. Elle a dénoncé la répression systématique des Sahraouis, y compris des militants et défenseurs des droits humains, qui sont persécutés pour avoir revendiqué leurs droits légitimes. Parmi les violations documentées figurent des détentions arbitraires, des actes de torture, des disparitions forcées, des discriminations raciales et l’exploitation illégale des ressources naturelles du territoire.
L’ISHR a également rappelé que, depuis 2015, les autorités marocaines interdisent au Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies l’accès aux territoires occupés. Cette obstruction, selon l’ONG, témoigne du manque de coopération du Maroc avec la communauté internationale et permet à Rabat de poursuivre ses violations sans contrôle. “Ce mépris affaiblit la crédibilité des Nations unies et encourage l’occupant à agir en toute impunité”, a-t-elle déploré.
En conclusion, l’ISHR a appelé le Conseil des droits de l’homme à prendre des mesures strictes pour obliger le Maroc à respecter ses obligations internationales. Elle a demandé que les mécanismes de l’ONU puissent accéder librement aux territoires occupés, que les défenseurs des droits humains sahraouis soient protégés contre les représailles, et que tous les prisonniers politiques soient libérés immédiatement et sans conditions. Enfin, l’ONG a réclamé la fin de l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental et l’imposition de sanctions contre les entreprises complices de ces violations.
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